FIDH 04.03.05 [5]
Fin de la transition politique sur fond d'impunité - Quelle réponse apportera la CPI ?
...Le rapport détaille également les démarches du chef de l'Etat auto proclamé pour verrouiller en amont le scrutin présidentiel en vue d'assurer sa propre succession et présente les risques de dysfonctionnements et de fraudes à l'occasion du vote du 13 mars (p.11-21) :
1.Nomination de proches du pouvoir au sein de la Commission électorale mixte indépendante, chargée de contrôler le bon déroulement des processus électoraux. De fait, les dysfonctionnements constatés le jour du référendum constitutionnel le 5 décembre 2004 et lors du dépouillement n'ont pas été sanctionnés.
2.Placement des proches collaborateurs de Bozizé à la tête de la Cour constitutionnelle de transition. Cette composition partisane a été à l'origine de la « crise des candidatures » qui a vu dans un premier temps la Cour recaler 7 candidats à la course présidentielle avant que la médiation gabonaise ne remette ces derniers en lice, à l'exception de l'ex Président Ange-Félix Patassé.
3.Audiencement à la hâte le 22 décembre 2004 du procès contre les anciens tenants du régime pour crimes de sang et crimes économiques permettant au général Bozzizé de confirmer pour « défaut de moralité » l'éviction de la candidature de son principal adversaire politique, Ange Felix Patassé.
Le rapport insiste enfin sur la procédure judiciaire lancée contre Ange-Félix Patassé, Jean-Pierre Bemba, Abdoulaye Miskine, Paul Barril et consorts (p.27-39) pour crimes de sang.
Dans ce cadre, le 16 décembre 2004, la justice centrafricaine a considéré que les poursuites contre les auteurs de crimes de sang, commis à l'occasion du coup d'Etat de Bozizé, relevaient de la compétence de la Cour pénale internationale (CPI). Cette décision a été confirmée par la saisine de la CPI par l'Etat centrafricain le 23 décembre 2004.
Devant le refus de la justice centrafricaine de juger les crimes de sang, la FIDH demande donc au Procureur de la CPI d'ouvrir immédiatement une enquête pour satisfaire les attentes des victimes et répondre aux objectifs de la Cour définis dans son Statut : « mettre un terme à l'impunité des auteurs des crimes [internationaux] et concourir ainsi à la prévention de nouveaux crimes. » ...
Lorsque les coups d'états, le trucage des élections ne suffisent plus on envoit des mercenaires français en "col blanc" modifier les constitutions des kleptocrates françafricains pour leur tailler des lois sur mesure leur permettant de se présenter à vie aux présidentielles dont le résultat sort invariablement en leur faveur ( Biya, Bongo, Eyadéma, Sasou, Déby...) sous la bienveillance de l'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF). Ces constitutionnalistes, dont le fameux Charles Debbasch, sont rodés à ce genre d'exercice antidémocratique. Poursuivi par la justice française en France, il vit à Lomé au frais du contribuable Togolais. En France, on le suspecte d'avoir abusé de son poste de président de la Fondation Vasarely pour détourner à son profit des oeuvres du peintre et 450 000 euros. En Afrique Debbasch est accueilli en roi dans le pré-carré français. Il a déja fourni ses bons offices à Sassou et Eyadéma avec probablement le feu orange de l'Elysée. Il s'est d'ailleurs vanté d'avoir inspiré le tour de passe-passe juridique qui a permis à Faure Gnassingbé de succéder à son père[ 7]. Quant à Pierre Mazeaud selon la LDC [8], il devrait être le "constitutionnaliste" du fils Kabila en vue des prochaines élections en RDC.
L'élection présidentielle supervisée par l'Organisation Internationale de la Francophonie, par l'Union Européenne ne laisse présager rien de bon. Selon la LDC [9 ] "Malgré les conseils de Paris pour qu'il "s'offre" un deuxième tour à la présidentielle du 13 mars, le président François Bozize opterait plutôt pour un premier tour avec une fourchette comprise entre 51% et 55% des voix." A moins que Bozizé attende le deuxième tour pour être consacré, ce qui serait unique dans les annales de la Françafrique.
Bozizé aurait le soutien des criminels françafricains de la région : Idriss Déby, Sassou NGuesso et Paul Biya.
Références :
1. François Xavier Vershave, Noir silence. Qui arrêtera la Françafrique ? Éditions Les Arènes, 2000.
2. Francis Laloupo, comptoir colonial en péril. Nouvel Afrique-Asie février 1997
3. Camille Bauer, L'Humanité 12.03.05
L'histoire mouvementée du "porte-avions" français
4. Jean-Pierre Tuquoi, Le Monde 12.03.05
La Centrafrique élit son chef de l'Etat sur fond de marasme économique
5. FIDH 04.03.05
- Fin de la transition politique sur fond d'impunité - Quelle réponse apportera la CPI ?
- « Fin de la transition politique sur fond d'impunité - Quelle réponse apportera la Cour pénale internationale » Le rapport en format PDF.
6. Monique Mas, RFI 04.03.05
Selon la FIDH, «la fête démocratique n'aura pas lieu»
7. Le Canard Enchaîné 09.02 Le réseau France-Afrique.
8. LDC 10.03.05
Pierre Mazeaud "constitutionnaliste" de Kabila Jr
9. LDC 10.03.05
Bozizé I, au 1er tour avec 53%?
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