IL FAUT DES SANCTIONS CONTRE LES MERCENAIRES EN AFRIQUE

ACTUALITES AFRICAINES

Le président équato-guinéen demande des sanctions contre les mercenaires

Par Pierre Emangongo





Le président équato-guinéenTeodoro Obiang Nguema en visite à Harare (Zimbabwe) a estimé que l'Afrique devrait imposer des sanctions contre les mercenaires et les terroristes afin d'éradiquer ce fléau. Il a également recommandé l'accroissement des échanges entre son pays et le Zimbabwe.

L'Afrique doit imposer des sanctions sévères contre les mercenaires et les terroristes pour éradiquer ce fléau, a estimé le président de Guinée Equatoriale, Teodoro Obiang Nguema, mercredi soir à Harare (Zimbabwe).

Il a, selon l'Afp, déclaré lors d'un banquet donné en son honneur par le chef de l'Etat zimbabwéen Robert Mugabe, que les Etats et gouvernements devaient agir de manière unanime pour punir ceux qui croient en ce type d'actions, à ces attitudes de mercenaires et de traîtres.

«Une sanction exemplaire devrait leur être imposée afin de s'assurer qu'ils ne s'impliquent plus dans d'autres actions et ne pensent plus de la même façon», a-t-il ajouté.

Obiang est arrivé mercredi au Zimbabwe pour une visite d'Etat de trois jours destinée à renforcer la coopération bilatérale, notamment en matière de sécurité et de pétrole, après que Harare eut déjoué il y a deux ans une tentative de coup d'Etat contre le régime de Malabo.

En avril 2004, il était venu discuter de l'éventuelle extradition de quelque 70 mercenaires présumés, soupçonnés d'avoir fomenté le putsch et interpellés à Harare le mois précédent alors qu'ils prenaient livraison d'armes avant de gagner la Guinée Equatoriale, pays riche en pétrole.

Les mercenaires ont été condamnés pour violation de la législation sur les armes et l'immigration et la plupart d'entre eux libérés en mai 2005. Mais le cerveau présumé, le Britannique Simon Mann, reste emprisonné au Zimbabwe.

Cinq Sud-Africains purgent en outre de longues peines en Guinée Equatoriale, dont leur chef Nick du Toit condamné à 34 ans de prison.

L'homme d'affaires britannique Mark Thatcher, fils de l'ancien Premier ministre Margaret Thatcher, vivant alors en Afrique du Sud, avait plaidé coupable de son implication involontaire dans l'affaire et payé une amende de trois millions de rands (380.000 Eur/505.000 Usd) en janvier 2005.

Obiang, au pouvoir depuis 1979, a affirmé que les putschistes préparaient des attaques contre d'autres pays d'Afrique de l'ouest. «Selon leurs déclarations, la Guinée Equatoriale ne devait pas être leur unique victime (...) Il y avait plusieurs pays déjà repérés comme cibles d'attaques à venir», a-t-il affirmé.

PROMOUVOIR LA COOPERATION BILATERALE

Jeudi, alors qu'il visitait une exposition de produits zimbabwéens, il a en outre appelé à un développement des échanges entre pays africains.

«Il y a tant de barrières douanières entre nous (...) nous sommes encore liés à nos anciens maîtres coloniaux comme des bébés. Les nations africaines doivent atteindre l'indépendance économique», a-t-il lancé.

Le ministre zimbabwéen du Commerce, Obert Mpofu, a précisé qu'une délégation spécialisée dans les échanges et l'investissement se rendrait prochainement à Malabo pour discuter du développement des relations commerciales bilatérales. Le mois dernier, Obiang s'était rendu en Angola pour signer un accord de coopération sur la sécurité, le pétrole et les échanges.

Droits de reproduction et de diffusion réservés © Le Potentiel 2005
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]
# Posté le samedi 01 avril 2006 11:42

LA RÉVOLTE DES « SANS-SOLDE » DU CONTINENT NOIR

juin 1996 Page 25




LA RÉVOLTE DES « SANS-SOLDE » DU CONTINENT NOIR

Gendarmes et voleurs en Centrafrique





Ce document, extrait de nos archives vous est proposé gratuitement.

Vous appréciez ce service :
aidez-nous à en maintenir la gratuité.
Soutenez-nous, abonnez-vous.
LA multiplication des mutineries de soldats, en Afrique, menace de déstabiliser de fragiles démocraties. La récente intervention militaire française en Centrafrique se veut un signal pour les rassurer. Au risque, pour Paris, d'endosser à nouveau l'uniforme de « gendarme » du continent noir...




Par Philippe Leymarie
Journaliste à Radio France Internationale.





« Au nom du peuple, j'ai demandé à la France d'intervenir pour sauver les institutions de la république issue d'élections libres et démocratiques... » Par cette déclaration, le 20 mai dernier, le président de la République centrafricaine, M. Ange-Félix Patassé, avait légitimé le déclenchement de l'opération « Almandin 2 », destinée comme le mois précédent à rétablir l'ordre dans son pays, après une nouvelle mutinerie de la majorité de son armée (1).

Une force de 2 400 légionnaires, parachutistes, commandos et personnels divers de l'armée française a procédé, en une semaine, à l'évacuation de plus de 2 000 étrangers, dont les deux tiers de la communauté française expatriée, en même temps qu'elle occupait des périmètres de sécurité en plusieurs points stratégiques de Bangui, la capitale, et empêchait les mutins de s'emparer de la Radio nationale et du palais présidentiel, puis renouait avec les militaires rebelles les fils d'une négociation que le pouvoir ne paraissait plus en état de mener lui-même. On retiendra d'abord de cette équipée que, pour la deuxième fois en quelques semaines, des soldats français ont été impliqués dans des combats de rue, dans une capitale africaine, au point de susciter cette fois des manifestations antifrançaises. Et que ce déploiement sophistiqué d'hommes, armes et matériels, accompagné d'une noria d'avions civils et militaires, aura consommé en quelques jours bien plus de crédits qu'il n'aurait été nécessaire pour apaiser la grogne des soldats de Centrafrique et celle des armées d'autres pays francophones, comme la Guinée ou le Congo, où de semblables mutineries se sont déclenchées depuis le début de cette année (2).

Le régime ainsi secouru sort affaibli de l'épreuve : une économie en désordre, à la suite du départ précipité des étrangers ; une capitale en partie dévastée par les incendies et les pillages ; un coup d'arrêt sans doute durable à la reprise du dialogue avec le Fonds monétaire international (FMI) ; la perte de crédibilité d'une équipe gouvernante à la merci d'un quarteron de sous-officiers, qui n'a dû son salut, pour la seconde fois en un mois, qu'à une aide militaire étrangère ; et une dépendance accrue à l'égard du « parrain » français. Il est vrai que, entre la France et le Centrafrique, les liens de connivence sont anciens : le sacre de l'empereur Jean-Bedel Bokassa en décembre 1977, l'affaire des « diamants » (3), la déposition de l'empereur par les parachutistes de l'opération « Barracuda » (4), le long règne du colonel Mancion (5), le soutien sans faille au général-président André Kolingba, finalement « lâché » en 1993 à l'occasion d'élections dont l'armée française avait dû assurer elle-même la logistique.

Le Centrafrique est aussi, depuis une vingtaine d'années, le principal pivot du parapluie militaire français en Afrique, articulé avec Dakar et Libreville à l'ouest, et Djibouti à l'est : un rôle de plaque tournante qui s'appuie sur deux bases permanentes (Bouar et Bangui) et un effectif de 1 400 hommes, couramment sollicités pour des interventions dans toute l'Afrique centrale (Rwanda, Zaïre, Cameroun, Tchad) et au-delà. Le risque a été pris, en sauvant la mise au président Patassé et à son régime, de paraître s'aligner derrière un homme qui pour avoir été élu, cette fois, avec les apparences de la démocratie n'en a pas moins une image déplorable. Celle d'un « revenant » : c'est lui qui avait organisé la pompe du sacre d'un empereur dont il était à l'époque le premier ministre. Une certaine indifférence à l'égard de la misère, omniprésente dans un pays qui a subi de plein fouet la dévaluation du franc CFA en janvier 1994. Un entourage dispendieux et corrompu. Des retards à remettre de l'ordre dans l'économie du pays et à conclure un accord avec le FMI. La valse des premiers ministres. L'incapacité à voir venir les crises, et ensuite à les régler...

Cette intervention militaire française a d'abord été présentée comme une opération « humanitaire », au sens où les armées occidentales entendent surtout la protection et l'évacuation de leurs propres ressortissants et alliés : une action de sauvegarde conçue pour éviter toute perte humaine et rassurer les communautés françaises expatriées sur le continent. Au même moment, le ministre français de la coopération, M. Jacques Godfrain, soutenait que « la France ne veut plus être le gendarme de l'Afrique (6) ».

A un deuxième niveau, on a cherché à modifier le rapport de forces, avec la montée en puissance du dispositif, la décision d'évacuation générale des étrangers et le recours à des actions offensives, comme le dégagement du bâtiment de la Radio nationale pour empêcher les mutins d'en prendre le contrôle (7), au risque d'encourir le reproche d'ingérence et de s'attirer l'hostilité d'une des parties (8). Dans une troisième étape propre au cas centrafricain , on est passé à la médiation, le général commandant l'intervention française se prévalant de ce nouveau rapport de forces pour obtenir, le 26 mai, l'engagement des mutins à rentrer dans leurs casernes et celui du président à les amnistier et à former un gouvernement d'union nationale... La justification ultime est, alors, de démontrer que, « lorsque la France appose sa signature, elle la respecte », ainsi que l'affirmait le ministre de la défense, M. Charles Millon (9). Le message est destiné notamment aux vingt-quatre pays dits francophones, avec lesquels la France a conclu une soixantaine d'accords de coopération militaire technique ou de défense. Dans ce dernier cas, qui concerne huit pays Cameroun, Côte-d'Ivoire, Comores, Djibouti, Gabon, République centrafricaine, Sénégal, Togo , des modalités d'intervention immédiate sont prévues, y compris en matière de sécurité interne, parfois sous forme de clauses secrètes (10).

De fait, sur les 28 interventions recensées depuis 1959, au moins 14 ont été destinées à rétablir l'ordre intérieur, 7 ont constitué une réponse à une agression de la part d'un pays étranger ou d'une organisation armée opérant à partir des frontières, et 7 ont été à vocation essentiellement humanitaire (évacuation de ressortissants ou action dans le cadre d'une force multinationale). Engagements sans préavis LE dispositif militaire français en Afrique près de 9 000 hommes prépositionnés sur 8 bases est en place depuis la vague des indépendances des années 60 : ce réseau de « forces de présence », combiné avec les « forces de souveraineté » basées dans les départements et territoires français d'outre-mer, assure, selon le ministère français de la défense « une recherche préventive de stabilité et de maîtrise des crises au plus bas niveau d'intensité, en offrant des capacités d'information permanente, souvent de dissuasion, et fréquemment d'action au plus tôt et au plus près », dans le cadre d'une disponibilité maximale avec « engagement quasiment sans préavis », tout en assurant à la France « la disponibilité d'escales et de bases de transit pour la projection d'unités de renfort (11) ».

Après l'Afrique des Grands Lacs, l'Afrique de l'Ouest longtemps préservée paraît s'embraser à son tour. Une « vague kaki » a surgi, ces derniers mois, avec les mutineries au Congo et en Guinée, et la prise du pouvoir par les militaires au Niger. Qui, mieux que les « frères d'armes » français, serait à même de comprendre et d'endiguer le mouvement de protestation qui gagne les garnisons dans les pays de la zone franc, où grossissent les rangs des « déçus de la démocratie » ? Il est significatif que, dans son action en Centrafrique, Paris ait pu s'assurer en quelques heures du soutien des principaux dirigeants africains francophones (Sénégal, Gabon, Cameroun, Togo, Mali, Burkina Faso), obnubilés par la menace que font courir sur la stabilité de leurs propres régimes des forces armées habituées jusqu'à la fin des années 80 à détenir directement le pouvoir et aujourd'hui laissées pour compte (12). Au Niger, en janvier dernier, les officiers avaient pris prétexte d'un blocage des institutions pour démettre le président et le premier ministre, et ne se sont résignés à des élections, prévues ce mois de juin, que sous la pression des bailleurs de fonds du pays. En Centrafrique, une revendication d'abord corporatiste le paiement d'arriérés de solde a débouché sur une protestation plus large : « On demande sagement au chef suprême des armées de ne pas désarmer son armée », expliquait au début de cette seconde mutinerie le sergent Cyriaque Souké, avant de demander, quelques jours plus tard, la démission du chef de l'Etat. Ailleurs, comme en Guinée, les militaires réclament simplement leurs salaires ou, comme au Congo, exigent l'intégration promise pour les miliciens. Tous s'inquiètent des plans de démobilisation imposés par le Fonds monétaire international dans le cadre des opérations de « dégraissage » des fonctions publiques. Et de la baisse de professionnalisme dans des corps d'armée en voie de paupérisation, suspectés et déconsidérés, alors que se développe, sur tout le continent, un marché privé de la sécurité : gardiennage, gardes du corps, vigiles, mercenariat, etc. La dernière réunion ministérielle du Comité des Nations unies pour la sécurité en Afrique centrale, outre les habituelles préoccupations concernant la situation explosive dans la région des Grands Lacs, note, une fois de plus, « la prolifération des armes légères » dans l'ensemble des pays de la zone et demande l'aide internationale pour des programmes de « micro-désarmement » : collecte et rachat d'armes, recensement et contrôle des permis de port d'armes (13).

En Centrafrique, le président Patassé avait promis, dès la première mutinerie d'avril, d'organiser des « états généraux de l'armée », mais sans s'exécuter à temps... Au Gabon, le président Omar Bongo, à son tour inquiet, vient de préconiser une concertation des chefs d'Etat sur la place des militaires dans les pays démocratiques (14) !

Philippe Leymarie.
Afrique
France
Centrafrique





(1) Déclaration à Radio-France internationale (RFI), 20 mai 1996.

(2) Déjà, pour contribuer à apaiser la première révolte des « sans-solde » centrafricains, Paris avait dû débloquer d'urgence en avril une première enveloppe de 700 millions de francs CFA, destinée à payer une partie des arriérés de salaire dus aux 5 000 éléments de l'armée nationale centrafricaine...

(3) Dénoncée par Le Canard enchaîné, la pratique des « cadeaux » de l'empereur sous forme de « plaquettes » de diamants à son « cousin » avait contribué à ternir, à la fin des années 70, l'image du président français de l'époque, M. Valéry Giscard d'Estaing.

(4) Un président de rechange, M. David Dacko, en exil volontaire en France, avait débarqué en septembre 1979 de la soute d'un Transall de l'armée française en même temps que des agents de la centrale française de renseignement faisaient main basse sur les archives impériales...

(5) Un officier français de la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), qui a eu pendant plus de dix ans la haute main sur les affaires politiques dans le pays, avec bureau à la présidence.

(6) Déclaration sur Europe 1, 20 mai 1996.

(7) La radio, détruite pendant les combats, a dû cesser d'émettre.

(8) Le Centre culturel français de Bangui a été incendié par des manifestants.

(9) Déclaration, le 21 mai 1996 lors d'une visite à Toulouse, à l'état-major de la 11e division parachutiste, spécialisée dans les opérations extérieures.

(10) Le ministre français de la coopération, M. Jacques Godfrain, a préconisé le 22 mai une révision de ces accords de défense, qu'il juge « assez flous et laissés à la libre appréciation du chef d'Etat en place ».

(11) Cf. « Les forces prépositionnées », dossier d'Armées aujourd'hui, no 186.

(12) Cf. Dominique Bangoura, Les Armées africaines, Editions du Cheam, 1992.

(13) Résolutions de la 8e réunion ministérielle, Yaoundé, 15-19 avril I996.

(14) Entretien sur RFI, 20 mai 1996.






LE MONDE DIPLOMATIQUE | juin 1996 | Page 25
http://www.monde-diplomatique.fr/1996/06/LEYMARIE/3779



TOUS DROITS RÉSERVÉS © 2006 Le Monde diplomatique.
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]
# Posté le samedi 01 avril 2006 11:48

Déclaration à Radio-France internationale (RFI), 20 mai 1996.

1) Déclaration à Radio-France internationale (RFI), 20 mai 1996.

(2) Déjà, pour contribuer à apaiser la première révolte des « sans-solde » centrafricains, Paris avait dû débloquer d'urgence en avril une première enveloppe de 700 millions de francs CFA, destinée à payer une partie des arriérés de salaire dus aux 5 000 éléments de l'armée nationale centrafricaine...

(3) Dénoncée par Le Canard enchaîné, la pratique des « cadeaux » de l'empereur sous forme de « plaquettes » de diamants à son « cousin » avait contribué à ternir, à la fin des années 70, l'image du président français de l'époque, M. Valéry Giscard d'Estaing.

(4) Un président de rechange, M. David Dacko, en exil volontaire en France, avait débarqué en septembre 1979 de la soute d'un Transall de l'armée française en même temps que des agents de la centrale française de renseignement faisaient main basse sur les archives impériales...

(5) Un officier français de la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), qui a eu pendant plus de dix ans la haute main sur les affaires politiques dans le pays, avec bureau à la présidence.

(6) Déclaration sur Europe 1, 20 mai 1996.

(7) La radio, détruite pendant les combats, a dû cesser d'émettre.

(8) Le Centre culturel français de Bangui a été incendié par des manifestants.

(9) Déclaration, le 21 mai 1996 lors d'une visite à Toulouse, à l'état-major de la 11e division parachutiste, spécialisée dans les opérations extérieures.

(10) Le ministre français de la coopération, M. Jacques Godfrain, a préconisé le 22 mai une révision de ces accords de défense, qu'il juge « assez flous et laissés à la libre appréciation du chef d'Etat en place ».

(11) Cf. « Les forces prépositionnées », dossier d'Armées aujourd'hui, no 186.

(12) Cf. Dominique Bangoura, Les Armées africaines, Editions du Cheam, 1992.

(13) Résolutions de la 8e réunion ministérielle, Yaoundé, 15-19 avril I996.

(14) Entretien sur RFI, 20 mai 1996
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]
# Posté le samedi 01 avril 2006 11:51

DECLARATION DE LA REUNION DU CONSEIL DE PAIX ET DE SECURITE SUR LA RCA

DECLARATION DE LA REUNION DU CONSEIL DE PAIX ET DE SECURITE SUR LA
SITUATION EN REPUBLIQUE CENTRAFRICAINE (RCA)

1.Le Conseil de Paix et de Sécurité (CPS) de l'Union africaine, en
sa réunion tenue en séance publique, le 30 mars 2006, a entendu les
remarques générales du Commissaire Paix et Sécurité et de l'Envoyé
spécial du Président de la Commission pour la RCA, sur l'évolution
de la situation en RCA. Le Conseil a également suivi les
communications des représentants du Gouvernement centrafricain, du
Bureau des Nations unies en Centrafrique (BONUCA), du Secrétariat
exécutif de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique
centrale (CEMAC) et du Commandement de la Force multinationale de la
CEMAC (FOMUC).

2.Le Conseil note avec préoccupation la situation d'insécurité dans
le nord de la RCA et les graves conséquences sur la situation
politique dans le pays ainsi que sur la vie des populations de cette
partie du pays dont plusieurs milliers ont quitté leurs zones
d'habitation pour se réfugier au sud du Tchad.

3.Le Conseil note également les efforts que déploie le Gouvernement
centrafricain pour maintenir la sécurité à Bangui et pour la
contenir sur le reste du territoire national.

4.Le Conseil exprime sa satisfaction pour l'appui constant du BONUCA
au gouvernement centrafricain et pour les efforts des agences des
Nations unies visant à la stabilisation de la RCA, au renforcement
de ses capacités à faire face à la situation, ainsi qu'à
l'amélioration des conditions de vie des réfugiés et des personnes
déplacées.

5.Le Conseil souligne les handicaps majeurs auxquels fait face le
gouvernement centrafricain dans ses efforts visant à redresser la
situation socio-économique et sécuritaire, handicaps liés notamment,
à l'insuffisance des ressources financières et à la faiblesse de
l'aide internationale.

6.Le Conseil note également avec satisfaction les efforts
multiformes que déploie la CEMAC pour soutenir le processus de
stabilisation et de relance économique de la RCA, et se réjouit en
particulier des activités de la FOMUC sur le terrain. A cet égard,
le Conseil se félicite de la coopération fructueuse entre l'UA,
l'Union européenne et la CEMAC, laquelle a permis à la FOMUC de
poursuivre sa mission en RCA. Il encourage la Commission de l'UA, le
Gouvernement centrafricain, le BONUCA et la CEMAC à agir dans un
cadre concerté pour trouver une solution durable à la situation de
la RCA.

7.Le Conseil se félicite de la décision du Président de la
Commission de dépêcher une mission d'experts multidisciplinaire en
RCA afin d'évaluer les besoins de la RCA et faire des
recommandations appropriées sur l'assistance que les Etats membres
et l'UA pourraient fournir à la RCA dans le cadre d'un programme
global de reconstruction post-conflit.

8.Le Conseil réitère son appel contenu dans le Communiqué
CPS/PR/Comm. (XLIV) de la 44ème réunion du CPS tenue le 29 décembre
2005, aux Etats membres de l'UA et aux partenaires bilatéraux et
multilatéraux de la RCA, afin qu'ils appuient la mise en oeuvre des
conclusions de la mission d'experts et continuent d'apporter l'aide
nécessaire et urgente à la reconstruction de la RCA.


News Press 2006 - 31/03/2006 - 12h45
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]
# Posté le samedi 01 avril 2006 11:59

Centrafrique LES LENDEMAINS QUI DECHANTENT

Centrafrique
Les lendemains qui déchantent

L'ancien Premier ministre Martin Ziguélé et l'ensemble de l'opposition dénonce déjà la fraude électrorale.
(Photo : AFP)Le dépouillement des bulletins se poursuit au siège de la Commission électorale mixte indépendante (Cémi) à Bangui et déjà l'opposition, dans sa quasi-totalité, émet des doutes sur la crédibilité à accorder aux résultats annoncés.

Imprimer l'article
Envoyer l'article
Réagir à l'article

« Tout s'est globalement bien passé », chantaient en ch½ur les Centrafricains et les observateurs dépêchés à Bangui pour surveiller le scrutin du 13 mars qui doit mettre fin à 2 années de transition conduite par le général Bozizé. Les irrégularités signalées et les dysfonctionnements notés dans certains centres ont été considérés par les uns et les autres comme faisant partie de l'apprentissage de la démocratie. Mais très vite, les vieux démons sont réapparus et les accusations fusent de toutes parts. « Fraudes » pour les uns et « mauvaise foi » pour les autres sont les accusations que les partisans des différents bords se lancent au visage. « Force est de constater que l'organisation des élections législatives et présidentielle est déjà entachée de nombreuses irrégularités, de nature à conduire au rejet de leurs résultats, (...) », a déclaré l'Union des forces vives de la nation (UFVN) qui regroupe la plupart des opposants au président sortant François Bozizé.

L'opposition s'étonne que la Cémi, qui était bien partie, commence par montrer les limites de son indépendance. Elle avait promis de publier les résultats bureau par bureau et au fur et mesure que les dépouillements seraient faits. Mais 48 heures après par le scrutin les premiers résultats publiés ne sont pas exhaustifs et se contentent de placer le candidat François Bozizé largement en tête dans 32 bureaux de la capitale. La répartition des suffrages, le nombre des inscrits, le nombre des votants, les bulletins nuls, sont autant de points essentiels que réclame en vain, pour l'instant, l'UFVN. La coalition de l'opposition fait remarquer au passage que dans certaines circonscriptions il y aurait plus eu de votants que d'inscrits. Par ailleurs, le Groupe d'étude et de recherche sur la démocratie et le développement économique et social en Afrique (Gerddes) qui fait partie des observateurs, a évoqué nombre « d'insuffisances et de dysfonctionnements » qui pourraient jeter un doute sur la régularité du scrutin.

Crainte d'une inversion des chiffres

Dans tous les états-majors des partis politiques des comités de veille se sont constitués et passent au crible au crible les résultats annoncés par la Cémi. Cette précaution inquiète le pouvoir qui prévient tous les partis politiques contre toute annonce de résultats parallèle à celle de la Cémi. Cependant, l'opposition ne néglige pas ses propres décomptes et entend marquer ainsi le pouvoir contre toute tentative de proclamation de résultats inexacts. Mais sa crainte se porte surtout les bureaux de vote des provinces qui n'ont pas toutes fait l'objet d'un procès-verbal en bonne et due forme et signé par les délégués des partis politiques. L'opposition craint, à ce niveau, une inversion des chiffres que la Cémi ne ferait qu'entériner.

Au vu des premiers résultats, un groupe de tête se dégage du peloton des onze candidats à l'élection présidentielle. Il s'agit du candidat et président sortant, François Bozizé, de l'ancien président de la République André Kolingba et de l'ancien Premier ministre Martin Ziguélé. Malgré l'avance prise par François Bozizé dans la capitale, on annonce au MLPC (Mouvement de libération du peuple centrafricain), que le leader du parti, Martin Ziguélé aurait déjà « égalé le score du président sortant ». Martin Ziguélé se dit lui-même convaincu de deux choses : « Un, Bozizé ne peut pas gagner au premier tour et deux, le MLPC ne peut pas être absent au second tour. Si ces deux choses ne se vérifient pas, alors ce ne sont pas des élections régulières », précise-t-il.

Par ailleurs, le leader charismatique de l'opposition et candidat à la présidentielle, Abel Goumba, nommé Premier ministre après la prise de pouvoir par François Bozizé en mars 2003, puis « promu » vice-président quelques mois plus tard a été limogé par un décret pris par François Bozizé le 15 mars au soir. « Avec la promulgation le 27 décembre 2004 de la nouvelle constitution de la République, la fonction de vice-président n'avait plus lieu d'être. (...) La transition ayant été conduite à son terme, les élections présidentielles s'étant tenues le dimanche 13 mars, il appartenait donc au chef de l'Etat de régulariser cet état de fait », a expliqué Alain Georges N'gatoua, le porte-parole de la présidence de la République qui semble déjà prendre date pour l'avenir. Mais pour la classe politique, ce décret ressemble plutôt à une réaction d'humeur du président Bozizé qui sanctionne Abel Goumba d'avoir signé un communiqué commun de l'opposition dénonçant la fraude électorale.



par Didier Samson
RFI
[ Ajouter un commentaire ] [ Aucun commentaire ]
# Posté le samedi 01 avril 2006 12:06