JOURNAL CHRETIEN
La Journée mondiale du SIDA
Le thème de la Campagne mondiale contre le SIDA pour la période 2005-2010 est « Arrêtons le SIDA. Tenons notre promesse ».
Le Secrétaire général a présenté son rapport annuel (A/60/736), à l'Assemblée générale sur les progrès réalisés jusqu'en 2005, année à laquelle sont attendus les objectifs figurant dans la Déclaration. L'objectif principal de cette rencontre est de revoir les progrès accomplis à la suite des engagements définis dans la Déclaration et de :
revoir les progrès accomplis dans le cadre de la mise en œuvre de la Déclaration d'engagement sur le VIH/SIDA de 2001, en se concentrant à la fois sur les contraintes et les opportunités que présente une mise en œuvre complète ;
revoir les recommandations faites sur la manière d'atteindre les objectifs définis dans la Déclaration, y compris par le biais des « procédures favorisant un accès universel » ; et de
réitérer l'engagement politique.
La réunion a inclu tous les secteurs de la communauté internationale, les gouvernements, la société civile et le secteur privé. L'opportunité offerte aux organisations de la société civile de prendre part à cette rencontre a été sans précédent. Pour la première fois, une personne vivant avec le VIH s'est adressée à l'Assemblée générale plénière, normalement réservée aux États Membres et aux hauts responsables de l'ONU. Une audition de la société civile a eu lieu, ce qui a offert à cette dernière la possibilité d'échanger ses vues avec les États Membres.
La réunion a présenté une série de panels et de tables rondes portant sur divers sujets. S'inspirant de ces discussions, une réunion de haut niveau a eu lieu le troisième jour. Le point culminant de cette rencontre a été l'adoption d'une déclaration politique destinée à réaffirmer et exprimer un nouvel engagement pour une pleine mise en œuvre de la Déclaration au cours des prochaines années.
L'Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution (A/RES/60/224), le 23 décembre 2005, appelant à un examen complet des progrès réalisés dans la mise en œuvre de la Déclaration d'engagement sur le VIH/SIDA de 2001.
Rapport 2006 sur l'épidémie mondiale de SIDA
Informations pour les participants
En 1988, l'Assemblée générale a exprimé sa vive préoccupation à propos de la pandémie de sida. Notant que l'OMS avait proclamé le 1er décembre Journée mondiale du sida, l'Assemblée a souligné l'importance de cette manifestation (résolution 43/15). Aujourd'hui, plus de 41 millions de personnes sont séropositives ou sidéennes. Combattre le VIH/sida, le paludisme et d'autres maladies est l'un des objectifs du Millénaire pour le développement. Les 191 états membres de l'ONU se sont engagés à réaliser, d'ici à 2015, ces objectifs.
« Unir le monde contre le SIDA »
L'Assemblée générale a adopté sans vote, ce soir, au terme d'un sommet de trois jours qui a rassemblé plusieurs dizaines de Chefs d'État et de gouvernement, une nouvelle Déclaration politique sur la lutte contre le VIH et le sida*, l'un des plus grands défis qui se posent aujourd'hui aux dirigeants de la planète, réaffirmant la Déclaration d'engagement de 2001. Elle a également reconnu l'estimation réalisée par le Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA) selon laquelle 20 à 23 milliards de dollars sont nécessaires chaque année, d'ici à 2010, pour développer rapidement des actions dans les pays à revenu faible et intermédiaire.
Auparavant, le Secrétaire général, Kofi Annan, avait appelé tous les dirigeants à s'engager « personnellement » face à la pandémie qui touche 40 millions de personnes dans le monde, dont 2,3 millions d'enfants, et a déjà fait, en un quart de siècle, 25 millions de morts. Par l'adoption de la Déclaration politique s'est achevée la Réunion de haut niveau 2006 consacrée au sida, dont l'objectif était notamment d'examiner les progrès accomplis dans le cadre de la mise en œuvre de la Déclaration d'engagement sur le VIH/sida de 2001. Aux termes du texte, l'Assemblée générale réaffirme en outre que l'Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce (ADPIC) n'empêchent pas et ne devraient pas empêcher leurs membres de prendre des mesures visant à protéger la santé publique. Autrement dit, cet accord ne doit pas compromettre le droit à la santé publique, et, en particulier, la promotion de l'accès pour tous aux médicaments, y compris la production d'antirétroviraux génériques et d'autres médicaments essentiels aux infections liées au sida.
À cette fin, l'Assemblée générale appelle les gouvernements, les parlements nationaux, les donateurs, les organisations régionales et sous-régionales, les organisations du système des Nations Unies, le Fonds mondial de lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme, ainsi que la société civile, les personnes vivant avec le VIH, les groupes vulnérables, le secteur privé, les communautés les plus touchées par le VIH et le sida et autres parties prenantes à travailler étroitement ensemble, d'ici à 2010.
Elle décide enfin d'entreprendre de nouveaux examens complets en 2008 et 2011, dans le cadre de l'examen annuel de l'Assemblée générale des progrès réalisés dans la mise en œuvre de la Déclaration d'engagement sur le VIH/sida de 2001.
Le Président de l'Assemblée générale, Jan Eliasson (Suède), s'est félicité de l'adoption de cette Déclaration qui, selon lui, établit un nouveau dialogue, un nouveau partenariat, une nouvelle dynamique entre les gouvernements et la société civile. Il a estimé que l'influence de cette dernière, au cours des ultimes jours et heures de négociations, aura en partie permis de renforcer le texte, et non de l'affaiblir.
À la tribune de l'Assemblée générale, ce matin, ouvrant le débat général au cours duquel se sont exprimés plus de 150 chefs d'État et de gouvernement, Ministres, Ambassadeurs ou représentants d'institutions internationales, Kofi Annan a appelé tous les dirigeants du monde à décider et proclamer que « le sida ne passera pas par moi ». « Il faut que vous fassiez tous de la lutte contre le sida votre priorité personnelle, non seulement au cours de cette réunion, ou cette année, ou l'année prochaine, mais tous les ans jusqu'à ce que cette épidémie soit enrayée », leur a-t-il déclaré.
Une riposte à long terme doit être basée sur le changement social, sur une transformation des mentalités pour que disparaissent les brimades qui entravent l'émancipation des femmes, l'homophobie et la stigmatisation, a souligné pour sa part Peter Piot, Directeur exécutif du Programme commun des Nations Unies sur le VIH/sida (ONUSIDA).
La lutte contre le VIH et le sida n'est pas seulement une question d'argent, elle se joue aussi sur le terrain de la culture et des comportements sociaux, a ainsi estimé Hilary Benn, Secrétaire d'État pour le développement international du Royaume-Uni, lequel, à l'instar de plusieurs de ses collègues, aurait souhaité un texte de déclaration plus franc, « qui dise toutes les vérités ». Jusqu'à présent, la réaction de la communauté internationale n'a pas été à la hauteur de la crise, a déploré Erik Solheim, Ministre du développement international de la Norvège. L'une des raisons est, selon lui, qu'il n'a pas toujours été possible de parler librement de questions taboues, cachant ainsi la réalité de l'épidémie. Le VIH et le sida, a-t-il assuré, c'est le sexe, c'est le sang, ce sont les inégalités sexuelles, c'est l'homosexualité, c'est la pauvreté, c'est la réalité de nos vies, et des vies des populations du monde entier. Pete Hodgson, Ministre de la santé de la Nouvelle-Zélande, a regretté que des stratégies fondamentales pour combattre la pandémie continuent de faire l'objet de controverses. Nous devons prendre des décisions sur tous les fronts, a-t-il déclaré.
Son homologue de l'Égypte, Nasr El-Sayed, a jugé, de son côté, que le comportement sexuel sain que recommandait l'Islam, prônant fidélité et abstinence, expliquait la prévalence relativement basse dans les pays arabo-musulmans. Le représentant du Bahreïn a ainsi fait état des efforts visant à sensibiliser les groupes vulnérables, à encourager le dépistage prémarital ou l'abstinence.
Au nom de l'Union européenne, Ursula Haubner, Ministre de la sécurité sociale, de la protection des générations et des consommateurs de l'Autriche, a recommandé le recours le plus possible aux flexibilités offertes dans l'ADPIC. Ces flexibilités, a-t-elle insisté, ne doivent pas être compromises par les accords sur le libre-échange et doivent être conjuguées à des mesures visant à éviter la taxation des médicaments antirétroviraux. Pour le Ministre des affaires étrangères du Brésil, Celso Amorim, il est essentiel de tirer parti de la Déclaration de Doha, adoptée en 2001 par les membres de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), pour rendre abordable le prix de ces médicaments. Aucun droit commercial ne peut s'exercer au détriment du droit à la vie et à la santé, a-t-il affirmé.
Par ailleurs, Denis Sassou Nguesso, Président de la République du Congo, a rappelé, au nom de l'Union africaine, que de tous les continents, l'Afrique était celui qui était le plus touché par les ravages de ce redoutable fléau. Les obstacles pour relever le défi de la santé sont nombreux, a-t-il dit, citant la persistance et l'aggravation de la pauvreté, l'insécurité alimentaire, les contraintes économiques, les conflits armés et les catastrophes naturelles. Plusieurs ministres africains ont mis l'accent sur la nécessité d'encourager des partenariats forts afin de lutter plus efficacement contre la pandémie. La Ministre de la santé de l'Afrique du Sud, Manto Tshabalabal-Msimang a appelé, de son côté, à un renforcement des capacités en ressources humaines.
Après l'adoption de la Déclaration politique, le représentant des États-Unis a indiqué que son pays comprenait que la référence faite à la Conférence sur la population et le développement et à l'expression « santé génésique » ne conférait aucun droit et ne pouvait être interprétée comme un soutien, une caution ou un moyen de promouvoir l'avortement. En outre, les États-Unis comprennent que l'ensemble des références contenues dans cette Déclaration à la notion de « comportement sexuel responsable » renvoient à l'abstinence et à la fidélité, a-t-il conclu.
* Le texte sera publié dans toutes les langues officielles à une date ultérieure.
SUITE À DONNER AUX TEXTES ISSUS DE LA VINGT-SIXIÈME SESSION EXTRAORDINAIRE : MISE EN ŒUVRE DE LA DÉCLARATION D'ENGAGEMENT SUR LE VIH/SIDA (45) : RÉUNION DE HAUT NIVEAU DE L'ASSEMBLÉE GÉNÉRALE CONSACRÉE AU VIH/SIDA
Déclaration de la Première Dame des États-Unis, en qualité de représentante du pays hôte, avant la séance plénière
Mme LAURA BUSH, Première Dame des États-Unis, a déclaré, en tant que représentante du pays hôte, que depuis 2001, il était indéniable que l'espoir n'a cessé de grandir. La pandémie de sida constitue la crise humanitaire la plus grave de notre époque. Elle ne connaît aucune frontière, elle frappe toutes les religions, elle s'attaque aux riches comme aux pauvres. La lutte contre cette maladie est une lutte urgente pour la vie. Les États-Unis tiennent depuis 2001 leurs engagements, c'est-à-dire que nous avons consacré chaque année depuis cinq ans plus de ressources financières que l'année précédente.
Mme Bush a ajouté que ce financement accru et durable avait contribué à permettre à quelque 560 000 personnes vivant en Afrique subsaharienne de recevoir un traitement cette année, préserver la santé des populations, élaborer des programmes éducatifs qui puissent diffuser l'espoir auprès des plus jeunes. En Afrique subsaharienne toujours, l'initiative « ABC » a permis de réduire durablement le taux d'infection. Ces programmes éducatifs doivent s'accompagner d'une alphabétisation des populations les plus défavorisées. Les États-Unis sont engagés dans ce sens au travers de programmes de formation des travailleurs de la santé dans les communautés locales. Ils œuvrent non seulement pour combattre l'épidémie de sida mais aussi pour réduire les incidences du paludisme et de la tuberculose.
Déclarations liminaires
M. JAN ELIASSON (Suède), Président de l'Assemblée générale, a déclaré que depuis deux jours une nouvelle dynamique a vu le jour aux Nations Unies avec la participation inégalée de la société civile par le biais de tables rondes et de groupes de travail. Diverses catégories d'acteurs qui n'ont pas l'habitude de travailler ensemble, États Membres, malades du sida et acteurs de la lutte contre la pandémie, se sont assis ensemble à la même table. Nous disposons maintenant d'un projet de déclaration qui a été achevé dans la nuit à trois heures du matin. Il s'agit d'un texte de fond prospectif que j'espère nous adopterons aujourd'hui.
M. KOFI ANNAN, Secrétaire général des Nations Unies, a rappelé qu'en 25 ans, le sida avait changé le monde. Le sida, qui a fait 25 millions de morts, est devenu la principale cause de mortalité aussi bien des femmes que des hommes entre 15 et 59 ans et a infligé le plus grand revers dans l'histoire du développement humain, a-t-il dit, précisant qu'il représentait désormais le plus grave des périls auxquels doit faire face notre génération. Il semble plus que jamais que s'il ne se produit pas de changement radical, nous serons fort loin, à l'horizon 2010, de l'accès universel à la prévention, au traitement, aux soins et aux mesures d'accompagnement, objectif que nous nous sommes engagés à réaliser au Sommet mondial de septembre dernier, a-t-il déclaré. Selon M. Annan, si nous n'intensifions pas considérablement la lutte contre le sida, nous n'atteindrons pas l'objectif de développement énoncé dans la Déclaration du Millénaire qui consiste à enrayer la propagation du VIH et du sida et à commencer à inverser la tendance d'ici à 2015.
Il faut que tous les Présidents et Premiers Ministres, tous les parlementaires et hommes politiques décident et proclament que « le sida ne passera pas par moi », a affirmé le Secrétaire général. Il faut, selon lui, une réforme réelle et positive qui donne un pouvoir plus grand et davantage de confiance aux femmes et aux filles et qui modifie les rapports entre les femmes et les hommes à tous les niveaux de la société. Il faut que les femmes puissent disposer de ressources plus importantes, que la législation leur soit plus favorable et qu'elles soient mieux représentées partout où se prennent des décisions, a-t-il ajouté. Il faut que vous fassiez tous de la lutte contre le sida votre priorité personnelle, non seulement au cours de cette réunion, ou cette année, ou l'année prochaine, mais tous les ans jusqu'à ce que cette épidémie soit enrayée, a-t-il souligné.
M. PETER PIOT, Directeur exécutif de l'ONUSIDA, a déclaré que la Déclaration commune de 2001 avait marqué un tournant réel dans la lutte à échelle mondiale. Se félicitant du chemin parcouru depuis, il a estimé qu'un échec serait aujourd'hui impardonnable. Notre réunion, a-t-il dit, doit être assortie d'une déclaration soulignant la nécessité absolue d'intégrer la lutte contre le VIH/sida dans toutes les stratégies nationales. Il ne s'agit pas d'une crise passagère et nos décisions doivent tenir compte de la nécessité convenue d'allouer 20 milliards de dollars à la lutte contre le sida chaque année à partir de 2008. L'accès universel aux traitements, aux soins, le devoir de venir en aide aux personnes les plus vulnérables vivant avec le virus est le préalable à une action d'ampleur mondiale qui vise à exempter les générations futures de ce fléau dévastateur. La riposte à long terme doit être basée sur le changement social, sur une transformation des mentalités pour que disparaissent les brimades, qui entravent l'émancipation des femmes, l'homophobie et la stigmatisation.
M. RICHARD FEACHEM, Directeur exécutif du Fonds mondial de lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme, a indiqué qu'il y a cinq ans, le Secrétaire général avait proposé la création d'un fonds mondial pour combattre le sida en Afrique, qui puisse financer une action rapide et urgente. Aujourd'hui, le Fonds travaille dans une centaine de pays et dispose d'un budget de 10 millions de dollars. Mais il reste encore beaucoup à faire dans la mesure où les niveaux d'investissement doivent être accrus. Pour beaucoup de pays réunis ici, il sera nécessaire de trouver de nouvelles modalités de fonctionnement pour mener à bien les programmes déjà mis en place. J'en appelle à tous les dirigeants pour qu'ils fassent tout leur possible afin de trouver ces sources de financement supplémentaires. Il faut que le monde des affaires optimise sa contribution et que nous élevions notre voix pour qu'aucune femme, homme ou enfant ne meure en raison de notre incapacité à trouver les quelques milliers de dollars nécessaires.
Déclarations
MSWATI III, Roi du Swaziland, a rappelé les mesures prises dans son pays pour combattre le VIH/sida. Il a souligné qu'une campagne avait été entreprise pour éduquer la population et apprendre aux personnes atteintes du virus comment mener une vie saine. Le Gouvernement, les associations et les organisations non gouvernementales œuvrent ensemble dans le pays pour informer la population, a-t-il dit. Il a également indiqué que l'abstinence était encouragée, de même que des méthodes traditionnelles. Avec l'abstinence, on assiste à une baisse du taux de prévalence chez les jeunes, a-t-il assuré. Des dispensaires communautaires traditionnels ont été établis, permettant aux enfants orphelins vulnérables de grandir comme les autres enfants, de mener une vie normale, a-t-il également indiqué.
Selon Mswati III, la présence de la tuberculose et du paludisme aggrave encore le problème du VIH/sida. Il est important, a-t-il estimé, que ces trois maladies soient traitées ensemble. La situation exige, selon lui, d'importantes ressources. Il a ainsi remercié le Fonds mondial et les partenaires du développement. Ces ressources ont permis d'octroyer gratuitement des thérapies antirétrovirales aux patients, a-t-il affirmé. Le sida est comme une guerre, a-t-il ajouté, précisant que cette maladie ne faisait pas de différence entre les niveaux des ressources des pays.
M. DENIS SASSOU NGUESSO, Président de la République du Congo, a rappelé, au nom de l'Union africaine, que de tous les continents, l'Afrique était celui qui est le plus touché par les ravages de ce redoutable fléau. L'Afrique est aussi le continent qui dispose des moyens de riposte les plus dérisoires, a regretté M. Sassou Nguesso. Les femmes et les jeunes, fondements de nos sociétés et de nos États, sont les plus atteints, hypothéquant ainsi gravement le développement de nos pays. Que faire pour arrêter l'implacable pandémie ? Comment faire pour atteindre l'accès universel à la prévention, aux traitements et aux soins du VIH et du sida ? a demandé le Président congolais. Évoquant le Sommet spécial qui s'est tenu à Abuja, au Nigéria en mai dernier, M. Sassou Nguesso a déclaré que l'Union africaine avait réaffirmé ses engagements face à la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. La position commune africaine est une convergence, une approche continentale pour relever le défi de la santé. Les obstacles sont nombreux, notamment la persistance et l'aggravation de la pauvreté, l'insécurité alimentaire, les contraintes économiques, les conflits armés et les catastrophes naturelles. Le Président congolais s'est félicité que, dans ce contexte, les pays du G-8 aient pris l'engagement de mobiliser 50 milliards de dollars d'ici à 2010 pour permettre d'accélérer l'accès universel à la prévention, aux traitements et aux soins du VIH. Nous en appelons à la solidarité de la communauté internationale dans son ensemble. Notre responsabilité est historique, car le destin de millions d'hommes et de femmes dépend des engagements que nous prenons aujourd'hui.
M. FRANÇOIS BOZIZE, Président de la République centrafricaine, a déclaré que depuis 2001, des efforts considérables avaient été déployés par les États africains face à ce fléau qui menace la survie du peuple africain. Ces efforts ont permis l'amélioration des indicateurs en matière de lutte contre le sida, mais si l'on prend en exemple certains pays comme la République centrafricaine, ces indicateurs n'atteignent pas l'objectif 8 de la Déclaration du Millénaire pour le développement. Sur 40 000 personnes susceptibles de bénéficier de traitements antirétroviraux en Centrafrique, seuls 6% y ont accès alors que le pays a le taux de prévalence du sida le plus élevé d'Afrique. Les programmes de sensibilisation à l'école n'existent pas en raison du décès d'un grand nombre d'enseignants des suites de la pandémie et d'un manque de financement. Le Président centrafricain en a appelé à ses pairs pour qu'ils souscrivent à l'ensemble des recommandations du Secrétaire général face à un fléau qui met en péril l'existence même de tout un continent. Ces recommandations, a–t-il précisé sont en adéquation avec la Déclaration d'Abuja des chefs d'États africains. Il a souhaité que de nouvelles modalités de coopération et de nouvelles procédures de financement soient adoptées par les institutions financières internationales. Seule la solidarité mondiale pourra orienter nos actions pour que la lutte contre le sida prenne son essor véritable en Afrique, a-t-il souligné.
M. ARNOLD RÜÜTEL, Président de l'Estonie, a déclaré que le VIH/sida n'était pas seulement une maladie, mais est aussi un risque sécuritaire. Le VIH/sida a un impact sur tous les aspects humains, les valeurs, les convictions, l'appartenance sociale et les comportements, a-t-il souligné. Selon lui, la lutte contre le VIH/sida ne sera efficace que si nous tenons compte de toutes ces activités. Le Président estonien a rappelé que les enfants étaient les êtres les plus faibles de nos sociétés et que plus de deux millions d'entre eux étaient séropositifs. Nous devrions nous concentrer sur les enfants et les femmes enceintes et prévenir la transmission du virus de la femme aux enfants, a-t-il poursuivi.
Selon M. Rüütel, si nous voulons remporter la bataille contre le VIH/sida, nous devons surmonter les préjugés sociaux. Tous les États, toutes les sociétés doivent agir à cet égard, quel que soit le nombre de leurs victimes du VIH/sida, a-t-il estimé. Les traitements antirétroviraux doivent être disponibles pour tous ceux qui en ont besoin, a-t-il également déclaré. Le succès de la prévention en Estonie est clair, étant donné que le nombre de nouveaux cas baisse, a-t-il assuré, se déclarant néanmoins préoccupé car le virus s'étend parmi les populations dites vulnérables. Aucun pays ne pourra remporter seul la bataille, a-t-il ajouté, précisant que la solidarité internationale devait être présente.
M. ELIAS ANTONIO SACA GONZALEZ, Président d'El Salvador, a expliqué que le Gouvernement de son pays était pleinement engagé dans la lutte contre les discriminations qui continuent de frapper les personnes vivant avec le VIH et le sida. Le public doit être davantage informé sur la maladie pour que cesse la stigmatisation des groupes vulnérables. Ensemble, la société civile, le Gouvernement et les personnes contaminées, nous pouvons changer la réalité de ce monde. L'exclusion doit cesser. Le Président salvadorien a ajouté que son pays, depuis la Déclaration de 2001, avait réussi à enrayer la progression de la pandémie. Nous sommes fiers d'avoir pu adapter notre stratégie nationale en fonction des engagements pris à l'échelle internationale, notamment en ce qui concerne les programmes intégrés de prévention. Depuis 2001, nous avons multiplié par cinquante le nombre de personnes qui reçoivent un traitement. Nous avons réussi l'essentiel, à savoir baisser de plus de 85% le nombre d'enfants nés avec le virus. La jeune génération représente le futur de notre pays. C'est pour elle que nous devons maintenir une action soutenue et innovante. L'accès universel est en ce sens plus qu'un objectif, il doit devenir rapidement une réalité tangible et efficace, ancrée dans les mœurs d'El Salvador et des autres pays de la région et du monde.
M. EDWARD NGOYANI LOWASSA, Premier Ministre de la République-Unie de Tanzanie, a relevé qu'en dépit des moyens mis en œuvre, le sida fait toujours des ravages. Il nous faut faire face aux menaces multiples que pose la pandémie et les recommandations contenues dans le rapport du Secrétaire général méritent d'être sérieusement envisagées. Le Premier Ministre est revenu sur les activités mises en place dans son pays pour lutter contre le VIH et le sida et qui se sont traduites notamment par l'élaboration d'un cadre d'évaluation servant de guide à tous les agents et travailleurs sociaux. La prévention de la transmission du virus de la mère à l'enfant, les questions de droits de l'homme, la lutte contre les stigmatisations font partie de notre cadre stratégique. Malheureusement, le coût élevé de ces initiatives pose une limite à notre action. Les orphelins du sida et les enfants touchés par le virus constituent l'un des défis majeurs que nous devons relever dans la mesure où les filets de protection traditionnels se sont amenuisés avec le temps. Le financement de programmes de lutte contre le sida constitue un autre défi de taille tout comme le sont la grave pénurie de personnel qualifié, l'absence d'infrastructures de santé, le suivi nutritionnel des patients et l'incidence de la tuberculose.
M. BERTIE AHERN, Premier Ministre de l'Irlande, a déclaré qu'il faudrait un leadership mondial, ferme et redoubler d'efforts pour éliminer le VIH/sida. Il a indiqué que, grâce à un programme national d'aide au développement, l'Irlande avait dépensé plus de 250 millions d'euros au cours des cinq dernières années. Il a assuré qu'à partir de cette année, les dépenses de l'Irlande dans la lutte contre le VIH/sida et les autres épidémies augmenteraient d'au moins 100 millions d'euros par an. Le Premier Ministre irlandais a ajouté que son Gouvernement s'était engagé à atteindre l'objectif des Nations Unies de consacrer, avant 2012, 0,7% du PNB à l'aide au développement. Pour être à l'avant-garde de la lutte contre le VIH/sida, l'Irlande va augmenter sa contribution au Fonds mondial pour atteindre 20 millions d'euros par an, doubler sa contribution à ONUSIDA pour atteindre 6 millions d'euros par an, continuer d'investir dans les nouvelles technologies susceptibles de prévenir la maladie, verser chaque année 30 millions d'euros supplémentaires aux partenaires de l'Irlande pour les aider à lutter contre la pandémie, et à accorder la priorité aux femmes dans les programmes nationaux.
Le rôle de chef de file des Nations Unies est crucial pour faire face à ce défi, a-t-il dit, louant l'engagement inlassable du Secrétaire général. L'infection du VIH/sida ne connaît pas de frontière, a-t-il déclaré, précisant que l'Union européenne et ses pays voisins étaient confrontés à la propagation la plus rapide du virus. La prévention est au cœur de notre stratégie, a-t-il également souligné, mettant notamment l'accent sur la volonté politique.
M. DENZIL L. DOUGLAS, Premier Ministre de Saint-Kitts-et-Nevis, a déclaré, au nom de la Communauté des Caraïbes (CARICOM) et du Partenariat PAN-Caraïbes contre le VIH/sida (PANCAP), que, au vu de l'ampleur de la tâche qui attend les États, l'humilité devait être de mise. Si en 2010, lorsque nous nous réunirons de nouveau, nous serons en mesure d'annoncer que chaque homme, femme et enfant a accès à la prévention, aux soins et aux traitements, alors nous pourrons crier victoire. Mon optimisme en matière d'accès universel est toutefois tempéré compte tenu de la gravité de la situation présente. Les besoins sont innombrables, qu'il s'agisse de financement durable, de ressources humaines, de capacités techniques et d'éducation. Seule une approche intégrée nous donnera les moyens de gagner. Cela suppose que nos partenariats internationaux soient simplifiés quant à leur fonctionnement. Les pays de la CARICOM souscrivent aux « trois principes » établis par l'ONUSIDA ainsi qu'aux recommandations formulées par l'Équipe spéciale mondiale visant à renforcer la coordination au sein de la communauté des donateurs et des institutions multilatérales. La région des Caraïbes forme une mosaïque complexe de 29 pays et territoires d'outre-mer qui se caractérisent par une très grande diversité culturelle. Le taux de prévalence y est le second plus élevé après celui de l'Afrique subsaharienne. À ce jour, 300 000 personnes vivent avec le virus, et il existe une grande disparité par pays dans l'accès aux soins. C'est pourquoi, à l'horizon 2010, nous devons faire en sorte de tirer les bénéfices d'une approche internationale davantage harmonisée, au plan des politiques de santé et des législations afférentes notamment.
M. MACKY SALL, Premier Ministre du Sénégal, s'est félicité du renforcement de la mobilisation internationale, tout en reconnaissant que les ressources financières et techniques mises à disposition ont été insuffisantes pour apporter une réponse capable de réduire de manière significative le taux de croissance du sida et donner un accès universel aux traitements antirétroviraux. Cette rencontre doit être considérée comme le sommet de la rupture et de la remobilisation, a-t-il insisté. L'Afrique se trouve dans une situation d'urgence sanitaire. Si nous ne réglons pas le problème du VIH/sida, les Objectifs du Millénaire pour le développement resteront illusoires. Force est de constater que 25 ans après que nous ayons commencé à lutter contre la maladie, nous n'avons pas encore commencé à renverser son incidence. Nous devons donc relever d'urgence trois défis majeurs : la prévention, l'accès universel au traitement et le déficit en ressources humaines. Les efforts de prévention et d'information auprès des jeunes en particulier doivent être renforcés. Des interventions plus efficaces doivent être promues auprès des femmes ainsi qu'auprès des groupes vulnérables et nous devons rendre accessibles et pérenniser les traitements antirétroviraux, y compris les médicaments de deuxième et troisième générations et les formules pédiatriques. Nous devons aussi nous engager à accroître de manière substantielle les ressources permettant de répondre à l'exigence de visibilité et de durabilité de nos politiques.
M. PAKALITHA BETHUEL MOSISILI, Premier Ministre du Lesotho, a mis l'accent sur la nécessité pour tous de renouveler l'engagement à combattre la pandémie du VIH/sida sur les plans national, régional et continental, et aujourd'hui sur le plan mondial. Le pays est confronté à des ressources limitées dans la lutte contre la pandémie, le défi étant d'obtenir des ressources humaines, physiques et financières adéquates à la mesure des efforts requis pour combattre le VIH/sida. Il s'est également félicité des contributions au Fonds mondial, mais, a-t-il ajouté, il faut défendre l'idée d'un pool de financement et d'une remise de la dette, afin d'accéder aux ressources disponibles pour combattre la pandémie. Le Premier Ministre a demandé aux protagonistes de veiller à ce que les fonds atteignent véritablement leurs cibles. Il a en outre jugé inexcusable que dans le contexte de la mobilisation contre le VIH/sida, le G-8 et d'autres pays n'aient pas jugé approprié d'annuler la dette de tous les pays les moins avancés. Il est temps d'agir là où nous faisons des discours, a-t-il dit, ajoutant : « Contribuons ou cessons de parler ».
M. SUCHAI CHAROENRATANAKUL, Vice-Premier Ministre de la Thaïlande, a indiqué que son pays avait réussi à réduire les taux de transmission du VIH par le biais de programmes de prévention efficaces. Toutefois, près d'un demi-million de personnes vivent avec le virus en Thaïlande. C'est pourquoi, notre pays, comme tant d'autres dans cette salle, doit privilégier deux domaines dans son combat contre la pandémie. Nous devons assurer par tous les moyens un accès universel aux services de prévention des groupes les plus vulnérables. Nous devons parallèlement garantir un accès pour tous aux traitements, aux soins et à l'accompagnement des malades. À cette fin, la mobilisation de tous les secteurs et le renforcement des partenariats internationaux seront essentiels pour le succès de notre entreprise commune.
Mme ISHENGUL BOLDJUROVA, Vice-Premier Ministre par intérim du Kirghizistan, a évoqué la pauvreté dans son pays qui se trouve à l'origine d'un phénomène migratoire important des travailleurs et d'une augmentation de la toxicomanie, ces phénomènes étant des facteurs de propagation de la pandémie. Ces cinq dernières années, le nombre total de cas de personnes infectées par le virus au Kirghizistan a augmenté de 15,6 fois. Dans un des districts du pays, l'incidence du sida a été multipliée par 200. En 2005, une nouvelle loi a été adoptée tandis que le parlement est en train d'examiner des projets de loi relatifs à la toxicomanie et à la décriminalisation des groupes vulnérables. Nous avons également créé un comité intersectoriel de lutte contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme. Nous souhaitons que la déclaration, qui sera adoptée aujourd'hui guide l'action de la communauté internationale face à une épidémie mondiale.
M. PHAM GIA KHIEM, Vice-Premier Ministre du Viet Nam, s'est déclaré préoccupé quant à la capacité de la communauté internationale d'enrayer la pandémie de VIH/sida d'ici les 10 prochaines années, d'où la nécessité, a-t-il ajouté, d'assurer notre responsabilité de prendre des mesures plus efficaces pour atteindre les cibles de la Déclaration de 2001. Il a affirmé que le Gouvernement du Viet Nam avait toujours été déterminé à tout mettre en œuvre pour lutter contre le VIH/sida. Grâce aux efforts entrepris depuis 15 ans, l'épidémie est désormais maîtrisée parmi les groupes à risques, a-t-il dit, précisant que le but était de parvenir à un taux de prévalence de 0,3% d'ici à 2010. Ces résultats n'auraient pas été permis sans une véritable volonté politique, la participation active de l'ensemble du système politique et de la société, des personnes infectées elles-mêmes, et de l'assistance de la communauté internationale, en particulier des organisations des Nations Unies, a-t-il déclaré.
M. YOSHIRO MORI, ancien Premier Ministre du Japon, a tenu à rendre un hommage appuyé au courage de tous ceux qui vivent avec le virus du sida, et à tous ceux également qui leur apportent quotidiennement leur soutien. M. Mori a salué l'engagement des leaders du G-8 de répondre à l'épidémie à l'échelle globale. Le Fonds mondial joue dans ce cadre, avec les autres agences des Nations Unies, un rôle central en vue de sensibiliser les opinions publiques du monde entier à la nécessité d'engager des stratégies mondiales de lutte contre la pandémie. En 2004, le secteur privé japonais a établi le « Friends of the Global Fund, Japan », que je préside, a-t-il indiqué. Cette organisation a pour but de renforcer les contributions nationales auprès du Fonds mondial. Elle encourage et promeut la coopération parmi les pays d'Asie de l'Est. Nous tenons compte du fait que le sida est lié à d'autres fléaux, tels que la pauvreté et le préjudice social. La lutte à tous les niveaux contre la pandémie relève du combat pour la sécurité humaine pour tous. C'est pourquoi, notre tâche doit comprendre un volet humanitaire déterminé.
VOLET A
Déclarations
M. LESLIE RAMSAMMY, Ministre de la santé du Guyana, au nom du Groupe de Rio, a déclaré que les pays qu'il représente étaient attachés à l'accès universel aux traitements, aux soins et à l'appui aux malades. Au cours de l'année 2005, on a noté, a-t-il rappelé, plus de décès causés par la maladie qu'au cours des derniers 25 ans. Notre réponse doit être plus forte et nos stratégies mieux coordonnées, sinon, a prévenu le Ministre de la santé, les objectifs que la communauté internationale s'est fixée pour 2010 ne seront pas réalisés. Les pays de notre région déploient des efforts considérables en ce sens, a-t-il dit. Pour enrayer l'épidémie, la réponse apportée n'est pas uniforme et chacun peut apprendre de l'expérience de l'autre. Au sein du Groupe, ce sont les questions financières qui font le débat. De nombreux pays d'Amérique latine et des Caraïbes ne peuvent prétendre aux ressources du Fonds mondial et il est regrettable que 25 ans après avoir pris cet engagement, tous les pays développés ne consacrent toujours pas 0,7% de leur PNB à l'aide publique au développement (APD). En effet, a poursuivi le Ministre de la santé, la pauvreté demeure l'obstacle majeur dans la lutte contre le VIH/sida. La réduction des prix est indispensable pour permettre l'accès universel aux médicaments et aux soins de base.
M. MOHAMMED CHEIKH BIADILLAH, Ministre de la santé du Maroc, a déclaré qu'il était indispensable de revitaliser les efforts de lutte contre la pandémie du VIH/sida, qui résiste à toutes les actions entreprises pour la juguler. Il faut atteindre le seuil minimum de 0,70% d'aide publique au développement, et assurer l'annulation de la dette des pays pauvres, ainsi que l'accès aux marchés internationaux de leurs produits, a dit le Ministre. Il a d'autre part demandé à la communauté internationale d'assurer des coûts abordables pour l'importation des équipements de laboratoire et des médicamentas antirétroviraux, et a souhaité une responsabilisation renforcée envers les pays du Sud, ainsi que la promotion d'une coopération triangulaire et Sud-Sud dans le domaine de la formation des cadres, ainsi qu'un transfert approprié des compétences. Ce sont là quelques mesures qui pourraient contribuer à la lutte contre la pandémie a dit le Ministre. Ces mesures, a-t-il cependant prévenu, resteront insuffisantes si l'on n'envisage pas d'autres moyens de financement novateurs parmi lesquels pourrait figurer, entre autres, la reconversion de la dette des pays connaissant une forte prévalence du sida. Attirant l'attention sur la situation en Afrique subsaharienne, le Ministre a insisté sur la nécessité de redoubler d'efforts afin de fournir à la communauté scientifique internationale les moyens de trouver un vaccin.
Mme TABITHA BOTROS SHOKAI, Ministre de la santé du Soudan, a souscrit à la déclaration prononcée plus tôt par le Président de la République du Congo qui, a-t-elle dit, reflète la situation qui prévaut sur le continent africain. Le Soudan est victime d'un fléau dont la propagation est imputable à la persistance de conflits armés aux frontières et à de profonds changements climatiques. Ces éléments exacerbent les problèmes liés à l'extrême pauvreté, qui est à la base du développement de l'épidémie du sida et de la persistance de la tuberculose et du paludisme. Les économies du continent sont gravement et durablement entravées, ce qui retarde de manière dramatique le développement technique indispensable à la mise sur pied de véritables infrastructures sanitaires. C'est pourquoi, le Gouvernement soudanais est engagé dans la réalisation de la paix et de la stabilité, qui sont les préalables au développement de notre société à tous les niveaux. Avec l'Union africaine, nous œuvrons en vue d'instaurer les conditions d'un développement durable qui s'appuie notamment sur la lutte contre les grandes pandémies qui minent notre pays et l'Afrique tout entière.
M. CELSO AMORIM, Ministre des affaires étrangères du Brésil, a estimé que la Déclaration d'engagement de 2001 a constitué un nouveau tournant dans la lutte contre le VIH/sida. De même, l'élan créé par l'initiative 3 fois 5 devrait aussi permettre de parvenir à l'accès universel aux médicaments antirétroviraux d'ici 2010. Nous devons tirer parti de la Déclaration de Doha, adoptée en 2001 par les membres de l'Organisation mondiale du commerce (OMC), pour rendre abordable le prix de ces médicaments. Aucun droit commercial ne peut s'exercer au détriment du droit à la vie et à la santé, a insisté le Ministre. Le Brésil, a-t-il poursuivi, s'est engagé à créer une centrale d'achat de médicaments à des prix abordables et il enjoint tous les pays à se joindre à ses efforts. Nous devons également, a-t-il conclu, mener des actions de prévention auprès des groupes vulnérables et augmenter les ressources financières affectées à la lutte contre la pandémie, notamment en Afrique, un continent qui mérite une attention particulière.
M. FRANCISCO DUQUE III, Secrétaire du Département de la santé des Philippines, a déclaré que, depuis la tenue de la session extraordinaire de l'Assemblée générale consacrée au VIH/sida, son pays avait renforcé les programmes de prévention destinés aux groupes les plus vulnérables, comme ceux constitués par les hommes ayant des relations sexuelles avec d'autres hommes, les usagers de drogues injectables, et les migrants. Par ailleurs, le Gouvernement des Philippines a établi un système d'évaluation et de surveillance nationales de la pandémie du VIH/sida, a inclus les traitements antirétroviraux dans la liste des médicaments remboursables, et mis en place un mécanisme d'importation des traitements bon marché. Le représentant philippin a également fait état de l'implication, dans son pays, du monde des affaires dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), notamment en ce qui concerne la lutte contre le VIH et le sida. La réponse effective à la pandémie par les Philippines nécessitera la mise en œuvre du Plan à moyen terme pour la période 2005-2010, qui suit les recommandations de l'initiative visant à garantir un accès universel à la prise en charge pour les malades. Cela permettra d'apporter une réponse rationnelle et coordonnée à la pandémie dans le cadre de la réforme du secteur national de la santé, qui s'appuie sur les principes suivants : une bonne gouvernance ; un mécanisme de régulation solide ; un financement durable des soins de santé et un système de prestations médicales efficace, a indiqué M. Duque III.
M. GINÉS GONZÁLEZ GARCÍA, Ministre de la santé et de l'environnement de l'Argentine, a rappelé que pour être efficaces, les politiques devaient inclure tous les secteurs. En Argentine, malgré certaines résistances qui perdurent, il existe un engagement fort dans ce sens, par une coordination et une participation visible et active avec la société civile et les acteurs sociaux. Nous faisons partie des pays d'Amérique du Sud qui assurent une couverture de soins intégrale, a-t-il affirmé, appelant les partenaires à permettre un accès aux ressources du Fonds mondial, aux médicaments et aux soins de santé qui ne discrimine pas le continent. La santé est un droit de l'humanité, a déclaré le Ministre, rappelant les défis que représentent les négociations sur le prix des médicaments, la prévention et la promotion des droits de l'homme pour tous, notamment les homosexuels, les lesbiennes, les transsexuels, les travailleurs du sexe et les toxicomanes. Une attention spéciale doit aussi être accordée à la prévention de la transmission du virus de la mère à l'enfant. Certaines organisations multilatérales et certains des pays les plus puissants du monde défendent le droit inaliénable lié à la propriété intellectuelle, ce qui limite considérablement l'accès aux médicaments et aux vaccins et conduit à un nombre élevé de morts. Notre mission est d'empêcher ce résultat, a-t-il enfin ajouté, appelant les Nations Unies à apporter un soutien ferme à la récupération et à la mise en pratique des aménagements à l'Accord sur les aspects des droits de propriété intellectuelle qui touchent au commerce, dans le cadre de la Déclaration de Doha.
M. HONG SUN HUOT, Ministre d'État et Président de l'autorité nationale sur le VIH/sida du Cambodge, a parlé des démarches entreprises par son pays pour faire face à la pandémie du VIH/sida, qui touchait 1,9% de la population adulte en 2003, contre 3% en 1997. Affirmant que l'accès universel à la prévention, aux traitements et aux soins, d'ici à 2010, pouvait devenir une réalité et non demeurer un simple slogan, il a voulu partager certaines initiatives prises par son pays en vue de garantir l'accès universel aux traitements. Il a expliqué que l'ensemble des provinces du pays avaient désormais accès à des infrastructures de dépistage et d'assistance ; que 20 millions de préservatifs étaient vendus chaque année au Cambodge ; et que 12 000 Cambodgiens étaient actuellement en mesure d'avoir accès à des thérapies antirétrovirales. « Malgré ces réalisations, le Cambodge reste confronté à des défis importants, dont l'augmentation des infections au sein des couples mariés, la concentration de l'épidémie parmi les homosexuels et les consommateurs de drogues par injection, et la croissance de la prostitution », a indiqué M. Sun Huot.
Mme ELENA SALGADO, Ministre de la santé de l'Espagne, a indiqué que le sida constituait un problème à la fois sanitaire et social auquel il faut répondre par des engagements nouveaux. Nous appuyons la déclaration de l'Union européenne et celle qui sera adoptée aujourd'hui, a-t-elle dit, en estimant que la prévention est le nerf de la guerre dans la lutte contre la pandémie. À l'horizon 2010, nous devons avoir réalisé l'objectif visant à réduire de moitié des infections dans le monde. Dans ce cadre, il est absolument nécessaire d'éliminer les obstacles économiques et idéologiques qui limitent l'accès aux initiatives de prévention, telles que l'utilisation des préservatifs, a dit la Ministre. En Espagne, notre politique nationale a permis d'enrayer l'épidémie grâce à la mise en œuvre de programmes de prévention efficaces, qui ont notamment consisté en la distribution de produits de substitution et de seringues stériles.
Réduire les risques d'infection va de pair avec la défense des droits de l'homme, a estimé la Ministre espagnole. Le respect des libertés fondamentales doit être le cadre de la réponse au VIH en ce qui concerne les groupes les plus vulnérables, les toxicomanes, les homosexuels, et les femmes. Ces groupes doivent prendre une part active à la conception des interventions dans les domaines de prévention qui les concernent, a-t-elle recommandé. La lutte contre le sida est devenue depuis 25 ans une école de la tolérance et de la solidarité à l'échelle internationale, a poursuivi Mme Salgado. L'ONUSIDA a multiplié son budget, la société civile et les pouvoirs publics doivent s'appuyer sur les jalons que la communauté internationale pose depuis plus de deux décennies, a-t-elle ajouté, en indiquant que l'Espagne, comme tous les pays de l'Union européenne, continuera de s'engager pleinement dans la riposte contre le VIH/sida.
Mme GHALIA MOHAMED BIN HAMAD AL-THANI, Ministre et Présidente du Conseil d'administration de l'Organisation nationale de la santé du Qatar, a estimé que la pandémie du VIH/sida n'est pas uniquement un problème de santé publique mais a également une dimension socioéconomique. Face aux ravages qu'elle créée -65 millions de personnes infectées en 25 ans-, la Ministre a plaidé pour une intensification des efforts de la part de la communauté internationale. Peut-être nous faut-il refondre nos stratégies, accorder une attention voulue à la prévention et agir sans retard, a-t-elle suggéré. Au Qatar, bien que le nombre de malades n'étaient que de 212 à la fin de l'année 2005, un cadre d'action a été mis en place qui prévoit, entre autres, des activités d'information et de sensibilisation par le biais de la radio.
M. NORAYR DAVIDYAN, Ministre de la santé de l'Arménie, a indiqué qu'un engagement politique récent avait été pris par son pays, après la session extraordinaire de 2001, afin d'accroître les initiatives de lutte contre l'épidémie de VIH et du sida. Un dispositif a été créé en vue de coordonner la riposte en utilisant les indicateurs de mise en œuvre et de suivi énoncés dans la Déclaration. Les deux premiers des « trois principes » préconisés en 2001 ont déjà été mis en place, tandis que le troisième est en cours d'élaboration, a indiqué M. Davidyan. Des programmes nationaux –qui se placent dans le cadre international- ont été mis sur pied en Arménie afin d'établir des initiatives d'éducation qui soient axées sur les enfants et d'autres groupes vulnérables. La réduction des risques ainsi que les initiatives d'atténuation des comportements à risque ont également été privilégiées afin de sensibiliser le grand public et de lui assurer un accès plus élargi aux services, notamment en ce qui concerne les jeunes.
Le Ministre a déclaré que le Fonds mondial contre le VIH/sida avait contribué de manière significative aux initiatives nationales arméniennes et que le succès de la plateforme nationale aurait été difficilement imaginable sans l'intervention du Fonds. M. Davidyan a indiqué que les ressources visant à soutenir le programme national feraient l'objet d'un accroissement annuel, l'objectif final du récent engagement politique de son gouvernement étant de parvenir à l'accès universel à l'horizon 2010. « Un programme de traitements antirétroviraux a commencé en 2005, et de nouveaux médicaments ont été mis au point, afin de lutter contre les conséquences de l'infection, et afin d'améliorer la qualité de vie des personnes vivant avec le VIH, ceci, en vue notamment de faciliter leur retour à une vie normale », a dit le Ministre. Des recommandations spéciales ont été introduites qui s'inscrivent dans le droit fil de l'accès universel et des mesures préventives, a-t-il précisé, en indiquant qu'elles seront répercutées dans le programme national de 2007-2011. Ce programme devra être mis en œuvre avec le soutien de l'ONUSIDA, du Fonds global et d'autres partenaires. L'Arménie appuie la Déclaration politique qui doit être adoptée aujourd'hui et estime qu'elle servira de base solide aux initiatives mondiales axées sur la prévention, a conclu M. Davidyan.
Mme AGNES VAN ARDENNE-VAN DER HOEVEN, Ministre pour le développement de la coopération des Pays-Bas, a déclaré que quatre dollars seulement étaient nécessaires pour empêcher la transmission du VIH de la mère à l'enfant pendant la grossesse afin de lui épargner la mort. Contrairement à cinq ans en arrière, nous avons aujourd'hui les moyens financiers d'intervenir, ce qui rendrait notre échec encore plus tragique, a-t-elle fait remarquer. Les dirigeants du monde avaient en effet promis de soigner 80% des mères infectées par le VIH : seulement 9% ont bénéficié de cet aide. Les efforts de la communauté internationale n'ont pas non plus empêché plus de quatre millions de nouveaux cas d'infection et trois millions de morts l'an dernier, en particulier en Afrique où un enfant sur neuf est aujourd'hui orphelin à cause du sida. Il est donc urgent d'affecter les ressources nécessaires au renforcement des capacités nationales, dans un esprit de simplification et d'harmonisation pour éviter de se disperser, a-t-elle estimé, appelant à adopter le principe des « three ones » : uncadre d'action, une autorité nationale qui coordonne, et un système d'évaluation. Par ailleurs, elle a appelé à une prévention basée sur la santé et les droits sexuels, ainsi que sur l'éducation des jeunes, méthode qui a porté ses fruits aux Pays-Bas. Le seul moyen de mettre un coup d'arrêt à la plus grande catastrophe humanitaire de notre temps est de combiner l'engagement et la coordination, a-t-elle conclu, invitant à se regarder dans un miroir et à se poser la question suivante : que voulons nous transmettre à la prochaine génération ?
Mme ABATOR THOMAS, Ministre de la santé et de l'hygiène de la Sierra Leone, a indiqué que la prévalence du VIH/sida dans son pays, soit 5,5%, est un défi constant à la dignité humaine. La Ministre a évoqué les mesures mises en place pour coordonner la réaction nationale, et sensibiliser le public et lutter contre la stigmatisation qui découle de la pandémie. Nous tentons également de renforcer nos partenariats avec la société civile, a expliqué la Ministre. Celle-ci est revenue sur des questions qui lui sont apparues comme essentielles, notamment la nécessité de mettre en place des programmes de réduction de la pauvreté, des campagnes d'information chez les jeunes et les groupes les plus vulnérables de la société, développer des programmes multisectoriels efficaces, fournir des systèmes de soins et des systèmes de protection sociale ainsi que la prise de mesures législatives permettant aux individus d'être à l'abri de toute discrimination.
Mme MARIA SOLEDAD BARRIA, Ministre de la santé du Chili, a estimé que la pandémie du VIH/sida reflétait une bonne partie des injustices et des inégalités présentes dans le monde, particulièrement celles qui sont liées à la pauvreté, à la faim et aux discriminations fondées sur le sexe. La pandémie touche les populations et les pays les plus vulnérables, où il est plus difficile d'avoir accès à des infrastructures de prévention et de traitement, et encore quand elles existent, a-t-elle remarqué. Il faut que les gouvernements et la société civile coopèrent davantage afin de mettre en place des politiques de santé adaptées aux réalités épidémiologiques, sociales et culturelles des différents pays, a-t-elle estimé, soulignant, par ailleurs, l'importance de respecter les droits des personnes qui vivent avec le VIH/sida. Elle a donc plaidé pour la mise en place de mesures juridiques et politiques pour garantir la protection et la promotion des droits de ces personnes, ainsi que de l'ensemble de la population.
Mme NUNEZ MORDOCHE, au nom du Ministre de la santé publique de Cuba, a déclaré que cinq ans après à la Conférence des Nations Unies sur le VIH/sida, et malgré des progrès importants, le tableau d'ensemble a peu changé. La pauvreté s'accroît, et les inégalités également, ce qui a pour effet d'intensifier la vulnérabilité des plus pauvres face au virus. Malgré le blocus des États-Unis qui rend difficile sur le sol cubain l'accès des médicaments produits en Amérique du Nord, nous avons accomplis des résultats remarquables. Les différents programmes de prévention et d'éducation mis en œuvre dès 1986 ont porté leurs fruits. Les procédures de dépistage et les travaux de recherche restent soutenus grâce à la priorité qu'accorde le Gouvernement cubain à la santé de ses citoyens. L'accès est universel et gratuit et après plus de 20 ans d'épidémie, la prévalence continue de baisser à Cuba. Au plan international, Cuba offre son aide en matière notamment de formation de personnel de santé. Nous estimons que la somme nécessaire de 20 milliards est adaptée aux besoins dans les domaines de la prévention, de l'éducation et en vue de changer durablement les comportements à l'égard du VIH/sida comme des malades.
Princesse Stéphanie de Monaco, a souhaité manifester sa solidarité avec les malades du sida dont beaucoup ne bénéficient toujours pas de traitements antirétroviraux. Dès 1997, a-t-elle rappelé, Monaco s'est associé à l'action d'ONUSIDA et participe au Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Monaco s'est aussi engagé dans le cadre de la campagne conjointe UNICEF/ONUSIDA sur le thème « Unissons-nous pour les enfants contre le sida ». La Princesse a assuré la communauté internationale de sa détermination à favoriser l'accès à une meilleure information et à la prévention par le biais de son association FIGHT AIDS MONACO. Dans ce cadre, a-t-elle expliqué, nous intervenons dans les établissements scolaires et universitaires. Nous luttons au quotidien pour que la dignité de tout malade soit préservée.
Mme CHRISTINE NOBOUT ADJOBI, Ministre de la lutte contre le sida, de la Côte d'Ivoire, a déclaré qu'avec 7%, son pays avait le taux de prévalence le plus élevé de la sous-région ouest-africaine. Face à cela, nous sommes déterminés à lutter contre cette pandémie, a dit Mme Nebout Adjobi. Cette volonté nous a conduits à établir un Ministère en charge de la lutte contre le sida, ainsi, de 2003 à 2005, l'État a engagé un montant global d'environ 14 millions de dollars dans la lutte contre la pandémie. La majorité des entreprises du pays ont mis en place des politiques et des programmes de lutte contre le VIH/sida, a indiqué la Ministre. Environ 4,36% des femmes enceintes infectées reçoivent un traitement antirétroviral complet pour réduire le risque de transmission de la mère à l'enfant, a-t-elle indiqué.
La crise sociopolitique qui perdure empêche la mise en œuvre d'une politique antisida à l'échelle du pays tout entier, a-t-elle dit, en ajoutant que l'insuffisance des ressources financières et de la coordination entravent encore les efforts déployés. « C'est en ce sens que nous recommandons de soutenir le processus de réunification du pays pour une restauration du système sanitaire et pour intensifier la prévention », a dit la Ministre, en ajoutant qu'il est urgent que « dans un contexte aussi troublé que celui de la Côte d'Ivoire, la communauté internationale nous aide à faire face aux obstacles qui entravent la mise en œuvre de la politique nationale de lutte contre le sida ». « Cela permettrait une meilleure appréciation du suivi de la Déclaration d'engagement », a estimé Mme Noubet Adjobi.
M. JULIO VEGA PASQUIER, Ministre de l'intérieur du Nicaragua, a estimé que le VIH/sida représentait une menace, non seulement sur la santé publique, mais aussi pour le développement et la sécurité publique, qui exigeait l'action de tous. Rappelant que le Nicaragua était un pays jeune et parmi les plus pauvres d'Amérique latine, il a évoqué les résultats satisfaisants des campagnes de communication, d'éducation et d'information menées en partenariat avec la société civile. Cette volonté ne servira pas à grand chose si elle ne s'appuie pas sur un soutien financier solide, a-t-il néanmoins déclaré, appelant les institutions financières internationales à soutenir le Nicaragua dans sa lutte, ainsi que tous les pays du monde à assurer les conditions d'un prix accessible aux traitements. Dans cette lutte, nous n'avons pas été seuls, a poursuivi le Ministre, saluant les contributions du Fonds mondial et d'ONUSIDA, mais rappelant que, malgré un des niveaux de prévalence les plus bas, le Nicaragua était particulièrement vulnérable et devait par conséquent être considéré comme un pays prioritaire par les Nations Unies.
M. DATUK CHUA SOI LEK, Ministre de la santé de la Malaisie, a fait part de la détermination de son gouvernement à mettre en œuvre les dispositions de la Déclaration d'engagement sur le VIH/sida, dans un contexte pourtant marqué par un nombre important de contraintes financières et techniques. Il a expliqué que le Plan national stratégique de son pays s'articule autour des éléments suivants : le renforcement des actions de plaidoyer, le renforcement des capacités de formation, la réduction de la vulnérabilité des usagers des drogues et de leurs partenaires face à la pandémie ; la réduction de la vulnérabilité des groupes vulnérables et l'amélioration de l'accès aux traitements. Nous avons été en mesure de tripler le nombre de personnes ayant accès aux traitements antirétroviraux, au cours des trois dernières années, a-t-il affirmé, en ajoutant que dès 1988, son pays a mis en place des programmes de prévention pour diminuer les taux de transmission du virus de la mère à l'enfant. Nous avons, par ailleurs, fourni une thérapie de substitution aux usagers de drogues par intraveineuse et avons lancé, en 2005, un programme d'échange de seringues, a-t-il encore dit, avant d'attirer l'attention sur le doublement, dans les cinq prochaines années, de l'allocation budgétaire à la lutte contre la pandémie.
M. RADOSLAV GAYDARSKI, Ministre de la santé de la Bulgarie, a fait part des efforts unifiés de son pays et de sa forte volonté politique d'enrayer la pandémie du VIH/sida. Nous encourageons, a indiqué le Ministre, les gouvernements à accroître leurs efforts de prévention, à augmenter le volume de l'aide financière qu'ils accordent aux programmes de lutte contre le sida et aussi à promouvoir l'accès des groupes vulnérables aux services de prévention. Nous demandons en outre aux donateurs internationaux de continuer à soutenir cette lutte.
M. YURIY POLYACHENKO, Ministre de la santé de l'Ukraine, a indiqué que les programmes mis en œuvre en Ukraine visent en premier lieu à perfectionner les moyens de distribution des traitements antirétroviraux. Toutefois, la situation reste préoccupante car le taux de propagation du virus est l'un des plus élevés d'Europe orientale. Nous réitérons notre volonté de mettre en œuvre la Déclaration de l'ONU sur le VIH/sida, et ce, en privilégiant une coopération productive avec la communauté des donateurs, la Banque mondiale, le Fonds mondial et toutes les institutions pertinentes des Nations Unies, a affirmé le Ministre, en s'associant à la déclaration faite par l'Autriche, au nom de l'Union européenne, et en espérant que la déclaration politique de la Réunion de haut niveau, qui sera rendue publique, ce soir, donnera un nouvel élan à la lutte contre le VIH/sida.
Mme PILAR MAZZETTI SOLER, Ministre de la santé du Pérou, a affirmé que son pays avait engagé son combat contre le VIH/sida dans un esprit de respect des droits de l'homme et dans le contexte de la lutte contre la pauvreté. Dans notre pays, l'accès aux traitements antirétroviraux est un droit de santé, a-t-elle déclaré, rappelant que, depuis 2001, le Pérou avait mis au point une structure sociale et financière de lutte contre la pandémie afin de faciliter l'accès aux traitements. Au mois de septembre, l'État péruvien, qui a bénéficié d'un financement du Fonds mondial contre le VIH/sida, la tuberculose et le paludisme, assumera intégralement le coût des traitements destinés aux malades, a indiqué Mme Soler. « Nous continuerons à construire une relation de confiance avec la société civile », a assuré la Ministre, en rappelant que de nombreux défis restaient à relever, notamment le renforcement de la prévention parmi les populations vulnérables (autochtones, enfants, homosexuels masculins, travailleurs sexuels), et celui du système de santé dans son ensemble, qui nécessite de nouvelles formes de financement et d'assistance technique internationale. « Nous estimons prioritaire que la communauté internationale continue de se mobiliser », a-t-elle déclaré, en rappelant la vulnérabilité de l'Amérique latine face au virus et en regrettant que le document final ne soit pas plus explicite.
M. NIMAL SIRIPALA DE SILVA, Ministre de la santé du Sri Lanka, a déclaré que la transmission de connaissances ne permettra pas à elle seule de changer les comportements. Nous devons adopter une approche plus large qui introduise des changements durables, notamment pour vaincre la stigmatisation des victimes de la pandémie. Ceci exige un engagement politique de haut niveau. Au Sri Lanka, a expliqué le Ministre, 1,5% de la population travaille à l'étranger tandis que la perte de valeurs traditionnelles en raison de la mondialisation et un manque de prise de conscience suffisante risquent de faire basculer la situation dans le pays. Nous avons imprimé une direction politique au plus haut niveau en matière de lutte contre le VIH/sida et notre nouveau Président a accordé un rang de priorité élevée à cette pandémie. Le Sri Lanka accueillera en août 2007 le Congrès mondial Asie/pacifique sur le sida et je vous invite tous à y participer, a-t-il lancé aux participants.
M. PONMEK DARALOY, Ministre de la santé publique de la République démocratique populaire lao, a affirmé que, cinq ans après la 26ème session extraordinaire de 2001, des actions urgentes étaient nécessaires pour accroitre le niveau des réponses apportées aux défis du VIH/sida à tous les niveaux. Cette Réunion de haut niveau constitue une occasion précieuse pour relancer et revitaliser la réponse globale contre la pandémie, a-t-il poursuivi. Il a indiqué que son pays, avec l'aide d'ONUSIDA et de l'OMS, entre autres, poursuivait ses efforts en vue de garantir un accès universel au traitement et à la prévention. Il a constaté que si son pays connaissait une faible prévalence du VIH, il restait néanmoins hautement vulnérable à l'épidémie, notamment en raison de sa position géographique, des migrations, et de l'évolution des modes de vie. Le Ministre a ainsi fait part des mesures entreprises par son pays pour lutter contre le VIH/sida, dont l'élaboration d'une stratégie nationale et d'un plan d'action visant à fournir un accès universel à la prévention et au traitement. Dans ce plan, a-t-il expliqué, l'accent est mis sur la promotion de pratiques sexuelles sûres, surtout pour les groupes les plus vulnérables. Il a de plus précisé que ce plan s'attachait à intégrer la prévention dans les programmes de santé reproductive et à répondre à la vulnérabilité des femmes, des jeunes et des enfants, notamment par la fourniture de produits de prévention et de traitements abordables. M. Daraloy a enfin estimé que si beaucoup avait été fait ces cinq dernières années, son pays avait toujours besoin du soutien des partenaires de développement en termes de ressources et de capacités de mise en œuvre.
M. JEAN-LOUIS ROBINSON, Ministre de la santé et du planning familial de Madagascar, s'est associé à la déclaration de l'Union africaine et a souhaité apporter des précisions sur la situation dans son pays. Son pays, a-t-il indiqué, a établi un plan stratégique national pour la coordination et le renforcement des activités de prévention afin d'endiguer la propagation de l'épidémie. Le Ministre a expliqué que celui-ci préconisait une approche multisectorielle comprenant l'amélioration de l'accès aux informations et aux moyens de prévention primaire, l'assurance de la qualité des services, un système de suivi-évaluation et le développement de la coopération internationale dans la lutte contre le sida. Une vaste campagne de sensibilisation et de responsabilisation de toutes les couches de la population a été menée à cet effet, a-t-il ajouté.
Le Ministre a estimé que le défi était maintenant d'amener la population à adopter des comportements responsables. Dans cette perspective, il a souligné que les médias étaient mis à contribution et que des initiatives d'information étaient menées au niveau local, y compris les régions difficiles d'accès. Plus de 85% des Malgaches sont désormais informés des généralités sur le VIH/sida, s'est-il félicité, tout en indiquant que le pays devrait poursuivre ses efforts de prévention. Il a aussi mis l'accent sur l'importance d'une coopération internationale renforcée pour améliorer les infrastructures de soins, intensifier les programmes de prévention et assurer un meilleur accès au traitement. Les ressources que nous devons mobiliser doivent être proportionnelles à la pandémie, a-t-il déclaré. Ce n'est pas un choix, c'est une nécessité.
M. LETI PELESALA, Ministre de l'intérieur de Tuvalu, a déclaré que dans son pays, le taux d'infection par habitant est l'un des plus élevés au monde. Très mobile dans toute la région du Pacifique, la population de Tuvalu est d'autant plus exposée. Le Ministre a jugé « utile » l'aide du Fonds mondial avant de souligner néanmoins que l'accès aux ressources du Fonds reste hautement problématique pour des petits États insulaires en développement comme Tuvalu. Il a donc appelé les organisations régionales du Pacifique à coordonner leur action en vue de permettre à des pays comme le sien un accès simplifié au Fonds. Les volets financiers et techniques de la « riposte » mondiale au VIH/sida doivent être renforcés, a-t-il insisté. Si, a-t-il conclu, nous reconnaissons l'importance de l'aide fournie par les pays donateurs, nous les appelons néanmoins au respect des engagements dans le domaine de l'aide aux petits États insulaires en développement.
M. DAVID PARIRENYATWA, Ministre de la santé et de l'enfant du Zimbabwe, a indiqué que son pays était le seul à prélever une taxe de 3% allant au sein du Fonds mondial pour la lutte contre le sida. Depuis le début de la lutte contre le VIH/sida, le taux de prévalence au Zimbabwe est passé de 31% à 20% en raison des modifications dans le comportement des individus, a dit le Ministre. Au Zimbabwe, notre détermination à lutter contre le sida en associant tous les acteurs de la société civile nous a permis de faire des progrès sur le front de la prévention de la transmission de la mère à l'enfant, a-t-il poursuivi. « Le défi pour nous est désormais de fournir des médicaments antirétroviraux aux personnes infectées qui n'en bénéficient pas, soit 10% des malades recensés », a souligné M. Parirenyatwa.
Rappelant que son pays avait été fortement touché par l'épidémie du VIH/sida, M. DOUGLAS SLATER, Ministre de la santé et de l'environnement de Saint-Vincent et Grenadines, a indiqué que des ressources importantes avaient été investies dans les efforts pour combattre cette maladie. Il a souligné que cette lutte était une priorité pour ce pays malgré les autres défis de développement auxquels il fait face et les limites financières et en ressources humaines. Il a fait part des initiatives prises pour combattre le VIH/sida, dont la création d'un conseil national sur ce thème. Il a mis l'accent sur la volonté de son Gouvernement de travailler étroitement avec la société civile ainsi qu'avec le secteur privé pour vaincre la maladie. Il y a deux ans, nous avons mis en place un programme de traitement gratuit pour toutes les personnes infectées par le VIH, a-t-il poursuivi, notant que cela avait réduit leur taux de mortalité. Toutefois, il s'est inquiété du nombre de nouvelles infections, insistant sur l'urgence de traiter de la question de la prévention. Par ailleurs, le Ministre a mis en avant les efforts visant à éliminer la discrimination dont souffre les personnes atteintes de la maladie. Dans ce cadre, il a appelé les partenaires de développement à poursuivre leur soutien à son pays. Nous ne pourrons répondre à ce défi sans leur aide, a-t-il précisé. La guerre contre le VIH doit recevoir le soutien de tous les États Membres si nous voulons atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement et le développement durable, a-t-il conclu.
Mme MAIGA ZEINA MINT YOUBA, Ministre de la santé du Mali, a déclaré que son pays avait fait de la lutte contre le sida un chantier national de développement durable bâti autour de la personne humaine. La gratuité des soins, a-t-elle affirmé, nous permet aujourd'hui de prendre en charge 7 500 patients alors que de vastes campagnes d'information, de sensibilisation et d'éducation essentiellement axées sur les jeunes et les adolescents sont en voie d'élaboration. La vision du Mali est volontariste. Elle s'appuie, a expliqué la Ministre, sur les trois piliers que sont la gouvernance démocratique, le renforcement structurel et la viabilité de la lutte contre le sida. La réalisation de ces trois piliers constitue le défi majeur de l'accès universel à la prévention, aux soins et aux traitements dans les pays de la sous-région. Afin d'atteindre les résultats escomptés, la Ministre a, au nom de son pays, lancé un appel à toutes les parties prenantes des États et à l'ensemble des partenaires financiers en faveur du renforcement des capacités techniques. De même, a-t-elle conclu, il convient de garantir le transfert de technologies pour la fabrication de médicaments et de mobiliser des ressources internes et externes afin de pérenniser les stratégies à court, moyen et long terme.
M. TEDROS ADHANOM, Ministre de la santé de l'Éthiopie, a indiqué que la prévalence du sida chez les adultes est passée de 7,3 en 2001 à 3,5 en 2005. Notre réponse multisectorielle à la pandémie a permis des progrès significatifs dans les domaines des soins et de la prévention et du soutien aux victimes. Pour intensifier nos actions de prévention, a-t-il expliqué, nous avons mis en œuvre une approche novatrice visant le déploiement d'ici à 2008 de 30 000 travailleurs de la santé qui seront alors en mesure d'atteindre chaque foyer éthiopien. Nous avons aussi intensifié notre fourniture de médicaments antirétroviraux. Ainsi le nombre de malades traités se situait autour des 900 en 2005 pour s'élever aujourd'hui à 34 000, le but étant de traiter gratuitement 100 000 malades d'ici à la fin de 2006. D'ici à 2010, a assuré le Ministre, nous parviendrons à garantir une couverture intégrale aux malades.
M. TAMSIR MBOWE, Secrétaire d'État à la santé et à la sécurité sociale de la Gambie, a estimé que la réponse au VIH/sida devait être ciblée, concertée, durable et continue. Il a de plus déclaré qu'une volonté politique forte devait être démontrée. Il a indiqué que depuis la Déclaration sur le VIH/sida de 2001, la Gambie avait intensifié sa campagne globale contre la pandémie et que des ressources avaient été mobilisées à travers la Banque mondiale et d'autres organisations bilatérales. Il a fait valoir que son Gouvernement avait fourni gratuitement des médicaments antirétroviraux aux personnes vivant avec le sida. Rappelant que le Comité régional de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a proclamé 2006 « Année de l'accélération de la prévention du VIH en Afrique », il a souligné que son pays avait lancé un programme dans ce cadre.
La Gambie est un des rares pays d'Afrique dont la prévalence de VIH décline, a-t-il constaté. Ceci est le résultat du travail continu du pays en faveur de la prévention et de la sensibilisation, a-t-il ajouté. Le Ministre a de plus souligné que la lutte contre le VIH/sida ne serait gagnée qu'à travers un travail commun et en prenant en compte tous les secteurs. Notant que le VIH/sida ne connaissait pas de frontières politiques ou géographiques, il a enfin estimé que l'exclusion de Taiwan des interventions internationales en matière de santé et de réseaux de contrôle posait une menace à la fois pour Taiwan mais aussi pour la communauté internationale, dans son ensemble.
M. FRED T. SAI, Conseiller présidentiel sur la santé reproductive et le VIH/sida du Ghana, a indiqué que son pays avait intégré les problématiques liées au sida dans la stratégie nationale de lutte contre la pauvreté. Le taux de prévalence, aujourd'hui de 2,7%, baisse depuis trois ans, a-t-il indiqué en ajoutant que le rôle de la société civile avait été crucial pour parvenir à ce résultat. Au Ghana, les personnes vivant avec le virus sont pleinement impliquées dans les divers comités et groupes de travail pertinents. Elles permettent de renforcer, de l'intérieur, la lutte indispensable contre la discrimination à laquelle les personnes contaminées sont toujours confrontées au quotidien, a dit M. Sai. Un volet de notre stratégie nationale concerne le soutien aux orphelins et aux enfants les plus vulnérables, et la réduction du risque de transmission du virus de la mère à l'enfant fait également partie des priorités nationales en matière de santé publique, a dit le Conseiller. « À nos yeux, la clé demeure la prévention. C'est pourquoi, il est vital de mettre en œuvre les conditions d'un financement durable des ressources humaines et des capacités techniques et médicales », a-t-il recommandé.
M. NATAENARA KIRATA, Ministre de la santé de Kiribati, a déclaré que lorsque la Déclaration d'engagement sur le VIH/sida a été adoptée en juin 2001, Kiribati ne faisait pas encore partie de la famille des Nations Unies. Ce document historique, signe de la préoccupation mondiale face à ce fléau, visait à mettre en œuvre les meilleures pratiques possibles afin d'améliorer le bien-être des familles et communautés touchées par ce virus mortel. Nous saluons les efforts de tous ceux qui ont donné vie à ces engagements. Nous avons nous-mêmes bénéficié de nombreux programmes régionaux. Kiribati reconnaît aussi le rôle joué par la Communauté du Pacifique en termes de coopération et de soutien dans la mise en œuvre de l'ensemble de ces initiatives. Toutefois, le Gouvernement est préoccupé par le fait que les promesses faites dans le cadre du Sommet du Millénaire pour le développement ne seront pas toutes tenues en raison de l'absence de ressources financières. Le Ministre a également relevé le lien important entre la tuberculose et le sida ainsi que les problèmes communs qui en découlent et a appelé les Nations Unies à consacrer davantage de ressources pour examiner conjointement ces deux maladies.
Mme JOSETTE BIJOU, Ministre de la santé publique et de la population de la République d'Haïti, a déclaré que dans le domaine de la prévention, les acquis étaient importants, le taux de prévalence du VIH/sida chez les femmes enceintes notamment étant passé de 5,96% en 1996 à 3,1% en 2004. En ce qui concerne la prévention de la transmission de la mère à l'enfant, la couverture de soins s'applique aujourd'hui à 19% des femmes, ce qui constitue une avancée par rapport aux années précédentes. Au plan des droits de l'homme, deux décrets ont été adoptés, qui portent sur la protection des femmes violentées et sur celle des travailleurs vivant avec le virus. À l'avenir, l'accent devra être mis sur l'accès universel aux techniques de prévention et de prise en charge des personnes dans un souci d'équité et de justice sociale pour tous.
M. OSCAR FERNANDES, Ministre d'État de l'Inde, a déclaré qu'à ce jour, plus de cinq millions de personnes vivaient avec le virus du sida en Inde. Notre Gouvernement est fermement engagé à inverser cette tendance, a ajouté M. Fernandes. Cette volonté politique de contenir dans un premier temps la progression de l'épidémie, a-t-il souligné, est affirmée dans la Constitution. Jusque dans les villages les plus reculés, nous nous efforçons de juguler la progression de la pandémie du sida. Le Ministre a encore déclaré que l'Inde avait accompli des progrès notables en matière scientifique. Notre stratégie de lutte contre le sida vise par ailleurs à établir un équilibre entre prévention, soins et traitements. Sur ce dernier point, a ajouté M. Fernandes, nous nous sommes fixés comme objectif de rendre dès cette année les traitements antirétroviraux accessibles à 100 000 personnes, dont 10 000 enfants, au lieu des 30 000 que nous comptons aujourd'hui. L'Inde finalise en outre un projet de loi visant à renforcer la protection des femmes, des enfants et des autres groupes de personnes vulnérables vivant avec le VIH.
M. MORRIS DUKULY, Ministre d'État chargé des questions présidentielles du Libéria, a expliqué au nom de la Présidente du Libéria, que son pays n'avait entamé que récemment son redressement après des années de conflit armé. La pandémie est aujourd'hui la menace la plus grave qui pèse sur le développement humain, notamment dans des pays comme le Libéria dont le capital humain a été décimé par des années de guerres civiles. Aujourd'hui, a ajouté le Ministre, nous disposons d'un plan national stratégique qui appelle à des actions concertées de traitement, de soins et de soutien aux victimes. Dans le cadre de la Déclaration d'Abuja de 2001, les gouvernements africains s'étaient engagés à verser 15% de leur budget annuel à l'amélioration du secteur de la santé. Par ailleurs, la pauvreté et le dénuement étant des facteurs importants de propagation du sida, il est indispensable d'adopter une approche intégrée, a-t-il conclu.
Mme ANNIKA NILSSON, Ministre de la santé et des affaires sociales de la Suède, a estimé qu'en matière de lutte antisida il fallait faire « plus, mieux, et plus vite ». « L'urgence de notre réponse doit être combinée à des engagements à long terme. Il faut mettre fin à la discrimination, qui sape l'effort de prévention, la recherche de traitement et le soutien apporté aux malades » a-t-elle ajouté. Nous devons renforcer le volet consacré aux droits de l'homme dans les législations nationales en place, a dit Mme Nilsson. Il nous faut intensifier les mesures de prévention en mettant l'accent sur les groupes vulnérables, les hommes qui ont des rapports sexuels avec d'autres hommes, les travailleuses du sexe, les prisonniers, les migrants et autres groupes sur lesquels l'information est pour l'instant insuffisante. De même, la lutte contre l'épidémie de sida doit avoir pour corolaire celle contre la pauvreté, a estimé la Ministre suédoise, qui a conclu qu'un engagement durable visant l'innovation technique et l'implication des femmes contaminées doit être le moteur de la lutte mondiale contre le sida.
M. JOSÉ MENDOZA GRACÉS, Vice-Ministre de la santé du Venezuela, a rappelé qu'il y a cinq ans, les États Membres des Nations Unies avaient établi des priorités pour l'humanité. Toutefois, les progrès indiscutables obtenus sont désormais menacés pour diverses raisons. La lutte contre la pandémie du sida doit désormais s'inscrire dans une stratégie générale de santé des populations, en particulier des plus pauvres. Le Venezuela est passé d'une politique sociale et de projets pilotes à des stratégies massives et accélérées ayant permis à la population de faire des progrès spectaculaires. Le Vice-Ministre s'est inquiété en particulier des doubles discriminations dont souffrent les femmes et jeunes femmes en raison de leur séropositivité et de leur sexe. Il est indispensable que les femmes aient le contrôle de leur sexualité par le biais des microbicides et préservatifs. Il est aussi indispensable de promouvoir les droits de l'homme des groupes vulnérables que sont les hommes qui ont des relations sexuelles avec d'autres hommes, les lesbiennes, et les toxicomanes. Par ailleurs, le Vice-Ministre a réfuté catégoriquement les chiffres avancés par ONUSIDA selon lesquels seulement 4% des femmes enceintes au Venezuela vivant avec le VIH reçoivent la trithérapie et 32% de la population vit avec moins de 2 dollars par jour. Au Venezuela, 100% des femmes enceintes bénéficient de la trithérapie, a-t-il précisé. Le Vice-Ministre s'est également érigé contre les multinationales qui abusent des droits de propriété intellectuelle au détriment des droits de l'homme des malades du sida.
M. WANG LONGDE, Vice-Ministre de la santé de la Chine, a indiqué qu'au cours de ces trois dernières années, son Gouvernement a pris une série de mesures intégrées pour lutter contre l'épidémie du VIH et du sida. À la fin de 2005, un dispositif opérationnel fondé sur le leadership du Gouvernement, une coopération multisectorielle et une participation du public a pris forme. Le budget spécial du Gouvernement central pour la lutte contre le VIH/sida est passé de 100 millions de yuans en 2002 à 800 millions de yuans en 2005, et celui des gouvernements locaux s'est accru de manière substantielle. Après avoir cité les mesures pratiques prises par son pays, le Vice-Ministre a dévoilé les priorités de son Gouvernement pour l'avenir. Il a cité la pleine mise en œuvre des plans prévus pour 2006-2006 et l'incorporation du contrôle du VIH/sida dans l'ordre du jour du développement socioéconomique ; la diffusion d'information sur le VIH/sida à 80% de la population urbaine et à 75% de la population rurale, âgées de 15 à 49 ans ; la protection des personnes vivant avec le VIH/sida et la lutte contre la discrimination sociale ; la promotion des préservatifs et des programmes de méthadone pour les populations à haut risque ; et enfin, le renforcement de la coopération internationale et la promotion du rôle des ONG.
M. MYA OO, Vice-ministre de la santé du Myanmar, a expliqué que les objectifs principaux du programme national de lutte antisida de son pays étaient axés sur la prévention, notamment du risque de transmission du virus de la mère à l'enfant ; la protection des produits sanguins, et le renforcement des capacités sanitaires. « Nous collaborons dans ce cadre avec les autres pays de la région, à travers la communauté de l'ASEAN notamment », a-t-il ajouté. Au plan de la prévention de la transmission sexuelle du virus, le Myanmar a facilité l'accès aux préservatifs aux jeunes de 15 à 24 ans. Notre gouvernement a également mis en place un service efficace de distribution de méthadone et de seringues stérilisées à destination des usagers de drogues par injection, a dit M. Mya OO. Grace aux efforts conjoints de tous nos partenaires, le traitement antirétroviral est désormais disponible pour les mères infectées dans quelque 79 townships, a dit le Ministre en indiquant que par ce biais, le nombre d'enfants nés avec le virus devrait passer de 2 000, comme c'est le cas aujourd'hui, à 1 000 d'ici 2010.
M. B. NIYOZMATOV, Vice-Ministre de la santé de l'Ouzbékistan, a fait le bilan des actions menées par son Gouvernement en citant en particulier la mise en place d'un comité national de coordination placé sous la direction du Cabinet du Vice-Premier Ministre et la fourniture de soins de santé aux femmes enceintes malades du sida. Il existe également des projets pilote mis en œuvre grâce à une coopération avec le Fonds mondial contre le sida, la tuberculose et le paludisme. Le Vice-Ministre a ajouté que son pays avait ouvert 208 antennes accueillant des toxicomanes et 30 antennes fournissant des services aux personnes souffrant de maladies sexuellement transmissibles. Nous souhaitons toutefois établir une coopération encore plus efficace en vue de favoriser un plus grand accès à la prévention et aux soins. Grâce à la coopération avec les ONG, a-t-il ajouté, nous avons fait de grands progrès en matière de prévention, de diagnostic de services sociaux et d'appui pour les personnes touchées par le VIH ou le sida.
Mme LIDIETH CARBALLO QUESADA, Vice-Ministre de la santé du Costa Rica, a déclaré que le travail fait dans le pays contre le VIH/sida était coordonné, dans le cadre d'efforts conjoints du Gouvernement, de la société civile et des agences de coopération. Depuis 1997, 100% de la population bénéficie des traitements antirétroviraux, a-t-elle annoncé, évoquant aussi une amélioration des soins aux malades et à leurs familles ainsi que le renforcement de programmes d'éducation sanitaire. Nous devons procurer à nos citoyens les outils nécessaires pour combattre la discrimination, défendre les droits de l'homme et diminuer la transmission du virus, quel que soit le mode de transmission, a-t-elle déclaré. Il est important de reconnaître l'impact des flux migratoires sur la prévention et les traitements, en particulier dans des pays comme le Costa Rica où l'accès universel aux soins de santé est garanti, a conclu la Vice-Ministre, rappelant, à cet égard, la nécessité d'une coopération internationale, bilatérale et multilatérale pour parvenir aux objectifs fixés en matière de lutte contre le VIH/sida.
M. NASR EL-SAYED, Ministre de la santé et de la population de l'Égypte, a estimé que la prolifération de la maladie était intolérable en ceci qu'elle contribue à la régression de la croissance économique qui entrave le développement des pays les plus nécessiteux. Cette Réunion de haut niveau constitue un moment historique pour passer en revue le chemin parcouru depuis 2001, a dit Nasr El-Sayed. Il ressort que le manque de fonds sape la mise en œuvre de programmes thérapeutiques, a-t-il relevé. Il faut impérativement proposer à des prix abordables les médicaments les plus efficaces aux pays en développement, a-t-il plaidé. S'attaquer à la pauvreté, qui est à l'origine de la persistance des grandes épidémies, doit être l'affaire de tous. En Egypte, les moyens de prévention ont été renforcés de manière substantielle. Nous avons lancé de nombreuses campagnes médiatiques pour sensibiliser les plus jeunes aux pratiques à risques et pour valoriser le rôle de la femme dans les différentes initiatives de prévention nationale, a indiqué le Ministre. Le comportement sexuel sain que recommande l'Islam, qui prône fidélité et abstinence, explique la prévalence relativement basse dans les pays arabo-musulmans, a estimé le Ministre égyptien.
M. MAMHOUD FIKRI, Sous-Secrétaire adjoint à la médecine préventive au Ministère de la santé des Emirats arabes unis, a déclaré que dans les pays en développement qui souffrent déjà de la grande pauvreté, le VIH/sida n'a fait qu'exacerber la vulnérabilité des populations. Il est nécessaire aujourd'hui de favoriser le partenariat mondial avec de tels pays afin de leur permettre de mettre en œuvre leur plan national stratégique de lutte contre la pandémie, et ce, en facilitant les transferts technologiques et financiers. Nous soulignons également, a-t-il dit, la nécessité de favoriser l'accès de ces pays aux médicaments et de privilégier l'approche préventive, en particulier les mesures visant à modifier et à contrôler les comportements qui contribuent à la transmission de la maladie. Le Sous-secrétaire adjoint a également affirmé que la pandémie ne constituait pas un problème de santé publique dans son pays mais que celui-ci restait solidaire des efforts mondiaux. Nous disposons ainsi d'un programme national de contrôle et de prévention établi dès 1985 par le Ministère de la santé. Parmi les mesures préventives les plus importantes, le Sous-Secrétaire adjoint a cité la cessation des importations de sang pour favoriser les dons locaux et la mise en place de programmes de dépistage du VIH/sida pour tous les patients hospitalisés, les écoliers et les étudiants ainsi que les couples avant leur mariage, et les détenus.
Mme SANDRA ELISABETH ROELOFS, Envoyée spéciale du Président de Géorgie, a précisé que son pays présentait une faible prévalence du VIH/sida, mais qu'il était exposé à de graves risques du fait du nombre important de migrants. Nos systèmes de contrôle et de dépistage volontaire fonctionnent efficacement. Il nous faut renforcer les mesures de prévention du risque de transmission mère-enfant, a dit Mme Roelofs. Nous avons également mis en œuvre une feuille de route en vue de rendre effectif l'accès universel au traitement, aux soins et au soutien aux malades, a-t-elle ajouté. Le problème que pose le sida à nos sociétés, a-t-elle dit, n'est pas simplement de collecter des fonds, mais de dépenser ces ressources avec intelligence et sagesse. Impliquer les femmes à l'échelle de toute la région de l'Eurasie ; faire participer plus activement les femmes qui ont un rôle de dirigeant dans leurs pays respectifs ; éduquer les enfants pour en faire des adolescents conscients de leur santé, voilà à quoi doivent être consacrés les fonds récoltés, a estimé Mme Roelofs.
Mme XIOMARA CASTRO DE ZELAYA, Première Dame du Honduras, a indiqué que son pays avait établi une couverture de santé universelle pour sa population, ce qui a contribué à la création d'un plus grand nombre de centres de santé et de laboratoires, ainsi qu'à des avancées en matière de prévention. Les succès que nous avons remportés, a ajouté la Première Dame, résultent en partie de la coopération internationale avec la société civile. La Première Dame a également abordé la situation des femmes et des enfants infectés par le virus et a indiqué qu'elle avait lancé un appel aux Premières Dames d'Amérique latine afin d'établir des coalitions pour lutter contre ce fléau. Faisant le lien entre le VIH et le sida et les droits de l'homme, elle a encouragé les medias à promouvoir des valeurs morales et des styles de vie sains au lieu de diffuser des messages sexistes objectivant la femme.
Mme ANNMAREE O'KEEFFE, Ambassadeur de l'Australie pour le VIH/sida, a indiqué que son pays jouait un rôle central dans la région du Pacifique. Nous avons, a-t-elle affirmé, accompli des avancées sans précédent pour freiner la propagation du virus et fournir des traitements et des soins adaptés aux personnes vivant avec le VIH. La réussite australienne repose sur des partenariats solides avec les groupes vulnérables, les secteurs de la santé et de la recherche. Les programmes d'éducation qui ont été engagés intègrent les techniques les plus innovantes en matière de prévention. Notre action, a-t-elle ajouté, s'étend à la région tout entière, ce qui implique de se pencher sur la situation très complexe des petites nations, dont les petits États insulaires, qui apparaissent peu armées face à l'épidémie. L'Australie continue de développer des partenariats associant les secteurs privé et public. Cela démontre, a insisté l'Ambassadeur, notre volonté de solliciter tous les acteurs possibles. C'est en ce sens que le pays attache la plus haute importance au renforcement de la participation des personnes vivant avec le virus aux processus de prise de décisions. La féminisation accrue de la pandémie est une source d'inquiétude. Pour mettre fin à cette évolution, l'Australie est engagée dans une lutte active contre la violence sexuelle, qui frappe de plus en plus les jeunes filles, a-t-elle indiqué, avant d'estimer que ces dernières doivent pouvoir bénéficier d'un accès aux services sociaux, juridiques et de santé de base.
M. ROBERT AISI (Papouasie-Nouvelle-Guinée) a évoqué, au nom du Forum des îles du Pacifique, des pays membres du Secrétariat de la Communauté du Pacifique et des organisations de la société civile du Pacifique, la Stratégie régionale du Pacifique de lutte contre le VIH/sida. Cette Stratégie repose sur huit éléments : le leadership ; la prévention et la préservation de communautés saines ; l'accès aux services de qualité ; le respect des droits de l'homme et l'implication des malades du sida ; la coordination et le partenariat ; le financement et l'accès aux ressources ; le suivi, le contrôle et la recherche, et la lutte contre les vulnérabilités. Le représentant a précisé qu'en octobre 2005, les dirigeants des 22 îles et territoires du Pacifique avaient appelé à une analyse plus poussée du concept de « Fonds de santé pour le Pacifique » en raison notamment des difficultés d'accès au Fonds mondial contre la sida, la tuberculose et le paludisme. L'approche unique pratiquée par le Fonds mondial continuera, en effet, de marginaliser les pays dans lesquels existent de réelles chances d'inverser la tendance.
M. AHMED MAHDI AL-HADDAD (Bahreïn) a souligné la menace que posait le sida et affirmé que cette pandémie constituait un des défis les plus importants auxquels la communauté internationale était confrontée aujourd'hui. Il a insisté sur l'importance de l'échange de meilleures expériences et de pratiques nationales réussies dans la mise en œuvre de la Déclaration de 2001 afin de renforcer les efforts de prévention, de traitement, de soins et d'appui. Il a toutefois regretté qu'en dépit des efforts importants visant à améliorer l'accès aux traitements, près de cinq millions de cas sont diagnostiqués chaque année. Cela constitue un obstacle de taille pour réaliser l'objectif d'un accès universel au traitement d'ici à 2010, a-t-il ajouté. Il a fait remarquer que, malgré une faible prévalence nationale du VIH/sida, son pays avait adopté la résolution 26/2 de l'Assemblée générale et avait, depuis 2001, entrepris toutes les mesures nécessaires pour faire face à cette maladie mortelle. Il a notamment fait part des efforts visant à sensibiliser les groupes vulnérables, à encourager le dépistage prémarital ou l'abstinence ou encore à assurer la gratuité des soins pour les personnes infectées. Aujourd'hui, les efforts de prévention se poursuivent, a-t-il ajouté, car c'est seulement ainsi que l'on pourra réduire l'impact de la maladie, a-t-il conclu en demandant que la communauté internationale s'engage ensemble pour accélérer la lutte contre le VIH et le sida.
M. ISIKIA SAVUA (Fidji) a déclaré que son pays avait fait beaucoup d'efforts pour sensibiliser les populations à la gravité de la pandémie. Cinq nouveaux cas de VIH et de sida ont été déclarés au cours des deux premiers mois de l'année 2006, ce qui est beaucoup pour une petite île comme Fidji, a dit M. Savua. « Le Gouvernement s'efforce de coordonner les activités prioritaires pour le programme d'action 2002-2004 que nous avons établi pour notre pays », a-t-il annoncé. À Fidji, les patients ont accès à un fonds global qui leur permet de bénéficier de traitements antirétroviraux remboursables. Toutefois, l'absence d'un cadre juridique approprié pose des problèmes dans des domaines comme ceux des droits de l'homme et de la discrimination, a dit le représentant.
M. ADAMANTIOS TH. VASSILAKIS (Grèce) a affirmé qu'en dépit des efforts déployés à tous les niveaux, la pandémie de VIH/sida avait pris la dimension mondiale d'une crise exceptionnelle. La Grèce, ayant reconnu l'ampleur du problème, a pris donc des mesures qui s'imposaient en adoptant une nouvelle stratégie multisectorielle, qui s'appuie sur la coordination dans les activités nationales et internationales. Des c